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NOUVELLE MISE A JOUR LE 15 avril 2014

samedi 29 mai 2010

Le 54ème B.C.A. en Haute-Alsace

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Le 14 janvier 1915, le Bataillon est ramené dans les VOSGES ; il débarque le 16 à GÉRARDMER et est rattaché à la 2ème Brigade de Chasseurs (Colonel PASSAGA). Le Capitaine DIDIER, Commandant le secteur d'HORROD et de STOSSTWEIER, organise défensivement son secteur, mais il n'a pas le temps de terminer l’œuvre entreprise : le 19 février, les Allemands déclenchent une violente attaque soutenue par une nombreuse Artillerie ; la lutte désespérée pour la défense du terrain national reconquis dure 5 jours ; le 22, le vaillant Officier est tué héroïquement dans le réduit offensif dont il était l'âme et qu'il avait refusé d'évacuer.
Le Bataillon, commandé par le Capitaine TOUCHON depuis le 25 février, passe le 17 mars à la 3ème Brigade de Chasseurs (Colonel BRISSAUD-DESMAILLET) après une période de reconstitution, le Bataillon monte occuper le secteur du Col du BONHOMME. On se souvient encore, par ce qui subsiste des jardins anglais du poste de commandement, de la petite chapelle, etc., de l'effort du 54ème dans ce secteur dont, il fit un modèle de confort, d'hygiène et de solidité. Il y progresse même et réalisa un gain de plus de 1.500 mètres.

Tranchée allemande au Barrenkopf

Quelques jours de repos à CLEFOY, et le Bataillon part à l'attaque du LINGEKOPF et du SCHRATZMANNELE. Bien que recomplété par un appoint de 800 hommes, compose uniquement de Territoriaux, le 54ème livre, du 20 juillet au 4 août, assauts sur assauts aux Tranchées allemandes formidablement organisées. La charge est sonnée chaque fois par les Clairons du Bataillon, rassemblés sous les ordres du Sergent BLANCHELANDE.
Le Sous-lieutenant MOTTARD, avec un élan sublime, entraîne jusqu'aux fils de fer ennemis intacts une poignée de braves qui trouvent avec ce brillant Officier la plus glorieuse des morts dans l'accomplissement du devoir.
Le 26 juillet, le Capitaine TOUCHON, Commandant le Bataillon est blessé. Avec la plus grande énergie, il refuse de se laisser évacuer; il conserve, malgré sa blessure qui l'immobilise et le fait horriblement souffrir, le commandement de son Bataillon, et, le 29 juillet, il se fait transporter sur un brancard dans les Tranchées allemandes nouvellement conquises.
Le 5 août, les Allemands déclenchent une attaque extrêmement violente pour tenter de reprendre le terrain qu'il lui a enlevé de haute lutte les jours précédents. Le 5ème Bataillon de Chasseurs est déborde et ses éléments refluent. Immédiatement, le 54ème déclenche une vigoureuse contre-attaque qui ramène en avant les débris du 5ème Bataillon et assure la reprise intégrale du terrain momentanément perdu.
Cette brillante, opération exécutée après 15 jours d’assauts et de luttes incessantes, sous un bombardement qui atteignait souvent une violence inouïe, par un Bataillon composé surtout de Chasseurs appartenant à des classes anciennes, força l'admiration de tous ceux qui virent le 54ème le 5 août au LINGEKOPF.
Un peu plus tard, dans la nuit du 4 au 5 septembre, le Bataillon reprenait la route du LINGE, il y relevait, au BARENKOPF, le 23ème Bataillon de Chasseurs et allait, au milieu d'alertes incessantes, qui le trouvèrent toujours prêt à la riposte, garder pendant près de deux mois le terrain si chèrement conquis par les-siens. Le 6 novembre, le Bataillon monte à la Tête de FAUX où les rigueurs de l'hiver ne ralentissent point son activité.

Position allemande à la Tête des Faux

Mais les Tranchées du BARENKOPF le réclament à nouveau, et, le 1er décembre, le 54ème vient rejoindre le 61ème Bataillon.
A chaque ascension, c'est un pieux pèlerinage qu'accomplissent les Officiers et les Chasseurs au grand cimetière de WETTSTEIN où tant de leurs camarades dorment leur dernier sommeil.
L'hiver s'écoule et les derniers frimas trouvent le 54ème dans le secteur de BICHSTEIN, ou le Commandant MANICACCI vient en prendre le commandement le 10 avril 1916.
Ce sera de BICHSTEIN que partira, le 2 juin, le 54ème pour le camp d’ARCHES, d'abord, puis pour la zone des opérations actives, pour La SOMME où l'Armée Française, doit opérer, en liaison avec l’Armée Anglaise, une formidable poussée.

Source Historique du 54ème Bataillon de Chasseurs Alpins
Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron

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95 tombes de soldats allemands saccagées au cimetière militaire

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Le ministre de la Défense Hervé Morin a qualifié, dans une déclaration à l'AFP, d'«insulte» à l'amitié franco-allemande la profanation d'une centaine de sépultures de soldats allemands, commise dans la nuit de jeudi à vendredi dans le cimetière de Guebwiller (Haut-Rhin). Les croix de certaines des tombes ont été brisées et d´autres tombes ont été renversées, a ajouté la préfecture qui ne possédait pas d´autres détails.
Une mention injurieuse figure sur l´une des tombes. Pour l'instant, l'hypothèse d'un acte raciste est écartée.

La suite sur l’Alsace
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vendredi 28 mai 2010

Main de Massiges

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A Massiges une tranchée de la première guerre a été réouverte par des bénévoles de l'association de la main de Massiges.
Cette tranchée à proximité de deux entonnoirs de mines datant de février 1915 a été aménagée avec barbelés, queues de cochon et chevaux de frise.

Malheureusement elle est régulièrement victime de pillage.


L’an dernier la flamme de l'infanterie coloniale a été volée sur le mat des couleurs.
Deux éléments de tourelles d'observation françaises se sont volatilisés.
Des vestiges de matériels disparaissent continuellement.
Récemment une quinzaine de queues de cochon ont disparu.


Nous risquons fort de voir ces objets proposés par un mercanti sur les sites de ventes aux enchères.


Merci à Eric Marchal
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Une panne dans les lignes

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Composition Berne-Bellecour
Gravure sur bois de Pidoll


Source : La guerre racontée par les Généraux
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jeudi 27 mai 2010

Droits et crédits sur internet


Je suis étonné par le message posté sur le forum des ‘Amis du HWK’ par madame Sylvie Burkart secrétaire de cette association.
Comme ce forum est libre d’accès, je vous le livre.


Je me trompe peut-être mais j’interprète la réponse comme telle :
Ne nous embêtez pas, nous prenons ce qui nous plait où ça se trouve et nous diffusons ce que nous voulons sans nous soucier des droits et crédits.

Comme la discussion avait commencé sur un forum autre, le mieux était de continuer les échanges à la suite.

J’invite madame Sylvie Burkart a me contacter si elle le désire

Sources :

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Les soldats dans la guerre

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Laurent Ségalant interviendra au sujet de La vie quotidienne des soldats durant la Grande Guerre 1914-1918. Il est l'auteur de « Des Gascons dans la Grande guerre » (paru aux éditions Gascogne).

La suite sur la Dépêche

Une cloche de la liberté australienne résonne désormais dans l'école de Fromelles

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Depuis sa ville de Victoria, en Australie, Vern Bechaz avait été touché il y a quelques mois par des images d'écoliers de Fromelles, allant fleurir le site du Bois du Faisan où on avait retrouvé des soldats australiens et britanniques tombés lors de la Première Guerre mondiale.

La suite sur La voie du Nord

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mercredi 26 mai 2010

Une vague d’assaut

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Gravure sur bois de Gasperini


Source : La guerre racontée par les Généraux
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Un gros « bébé »

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René Beck, membre de l'association patrimoine militaire et dont la passion pour la recherche historique sur « la Grande Guerre » est bien connue, a découvert en flânant dans le forêt du bas Violu du côté vosgien, un obus français de belle taille, non explosé, de 1914/1918.

La suite sur Les DNA
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Un bloc de béton et d'histoire pourrait devenir musée

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Soudée autour du blockhaus de la rue des Madeleines, l'association Devoir de mémoire ne demande qu'à grandir et à transformer les lieux en musée.
Une exposition dédiée à la Première guerre mondiale est programmée pour le mois d'octobre.
Les travaux au blockhaus pourraient commencer dès cet été.

La suite sur La voie du Nord
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« Ces Chinois ne savaient pas qu'ils arrivaient dans un pays en guerre »

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À partir de mercredi, une histoire quasiment inconnue sera retracée lors d'un colloque universitaire.
De 1916 à 1922, 140 000 Chinois sont arrivés dans la région et dans la Somme pour contribuer à l'effort de guerre puis à la reconstruction.
L'organisatrice et universitaire Li Ma nous présente cet événement.

La suite sur La voie du Nord
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lundi 24 mai 2010

Le 249e R.A.C. et l’offensive de 1918

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L'Offensive Française de la fin de Juillet 1918 à l'Armistice
(Aubvillers, Roye, Ham, Saint-Quentin, Larouillies)

Le mois de Juillet 1918 peut être considéré comme un mois décisif dans l'histoire de la guerre ; il marque l'échec de la dernière offensive ennemie celle du 15 Juillet ; les Allemands voulaient par un dernier effort rompre notre front de Champagne et nous rejeter vers le sud en enlevant au passage Reims et la montagne de Reims. Le mois de Juillet est celui où nous reprenons l'initiative des opérations en attaquant l'ennemi sur tous les points sensibles du front ; à partir du 18 Juillet, les armées alliées ne lui laisseront pas un instant de repos et l'obligeront à jeter dans la bataille toutes ses divisions, jusqu'au moment où, démoralisé, reculant partout sans espoir de nous arrêter, préférant l'humiliation à l'invasion de son territoire, il devra s'avouer vaincu et accepter nos conditions d'armistice.
Rappelé en position le 5 Juillet, dans le secteur de Grivesnes, le Régiment a fourni pendant la bataille de libération un effort considérable ; pendant les quatre derniers mois de la campagne, il n'a eu que deux courtes périodes de repos : l'une du 31 Août au 6 Septembre, l'autre du 16 au 23 Octobre.


Le 23 Juillet, il prend part à la brillante attaque d'Aubvillers, exécutée par les 114e et 135e régiments d'infanterie. Les trois Groupes sont chargés de l'appui direct des bataillons d'attaque ; à 4 h. 30 la préparation commence, à 5 h. 30 l'attaque se déclenche ; tous les objectifs sont atteints, le chiffre des prisonniers dépasse 500, dont 15 officiers, avec un chef de bataillon et tout son état-major.
Le 8 Août, les trois Groupes, qui avaient été déplacés et portés en avant, appuient la 152e Division pour le passage de l'Avre dans la région de Biaches. Le 9 Août, les batteries franchissent l'Avre à Biaches ; le 10 Août, la progression continue, l'artillerie, par une série de bonds échelonnés, se tient près de l'infanterie pour satisfaire à toutes ses demandes de tir, le 10 au soir, elle est en batterie en avant de Lignières ; pendant ces deux journées des 9 et 10 Août, la 152e Division, conservant le contact avec l'ennemi, l'avait obligé à exécuter un repli de 20 kilomètres. L'ennemi se cramponne alors au terrain aux environs de Roye et défend énergiquement Liaucourt ; le 27 Août, il doit de nouveau se replier et abandonner Roiglise et Champien, à 5 kilomètres à l'est de Roye. Le 29, le Régiment est retiré du front pour une courte période de repos.


Le 9 Septembre, le Régiment rejoint la 152e Division en avant de Ham. L'ennemi résiste avec acharnement ; il occupe les positions de la ligne Hindenburg qu'il a l'ordre de conserver coûte que coûte. Son artillerie est puissante et active ; le 15 Septembre, au cours d'un violent bombardement des positions du 2e Groupe, le Chef d'escadron LAGARDE, qui n'avait pas quitté le Régiment depuis la mobilisation et qui avait été un exemple de calme et de courage militaire pendant toute la Campagne, est grièvement blessé et devra être amputé de la jambe droite ; deux Lieutenants du Groupe, le Lieutenant GAUTHIER et le Lieutenant LE HÉNAND, sont mortellement frappés à leur poste de combat. Ces pertes cruelles ne peuvent abattre notre courage et sont pour nous des motifs de concentrer toutes nos énergies pour donner le dernier coup à l'ennemi qui faiblit et doit, presque chaque jour, abandonner un peu de terrain à notre infanterie. Le 1er Octobre, les Allemands doivent évacuer Saint-Quentin ; dans la nuit du 8 au 9 Octobre, ils abandonnent les organisations formidables de la ligne Hindenburg. Lorsque le Régiment est retiré du front, le 16 Octobre, notre ligne avait été portée à 15 kilomètres à l'est de Saint-Quentin.
Le 24 Octobre, le Régiment est engagé à l'est de Grougis et se prépare à appuyer un nouveau mouvement offensif. L'ennemi est fortement retranché derrière le ruisseau de Noirieu, doublé par le canal de l'Oise à la Sambre. L'attaque a lieu le 4 Novembre, notre infanterie (125e régiment) force le passage du Noirieu et du canal près de Hannapes en utilisant les passerelles lancées au petit jour, fait de nombreux prisonniers dont un commandant de bataillon, s'empare d'un matériel important, puis, poursuivant son succès, atteint et dépasse la route de Guise à Valenciennes. Les trois Groupes du 249e d'artillerie appuient cette attaque ; le 2e Groupe est porté le jour même à l'est du canal pour soutenir l'infanterie de plus près.
Le 5 Novembre et les jours suivants, l'attaque continue, les Allemands lâchent pied et abandonnent en hâte une région qu'ils occupaient depuis quatre ans, laissant derrière eux la population civile qui nous fait un accueil touchant ; le 7 Novembre, nous occupons le village de Labouillies, sur la route d'Avesnes à la Capelle ; un bataillon ennemi en entier est fait prisonnier ; les 8 et 9 Novembre la progression continue, et lorsque la 152e Division arrête son mouvement pour se laisser dépasser par la Division qui doit la relever, nous sommes près de la frontière belge en direction de Chimay.
Le 11 Novembre, les Allemands ne pouvant continuer la lutte sans s'exposer à un désastre militaire acceptent les dures conditions imposées par les Alliés. L'armistice nous donne l'assurance que nous aurons la Paix française, celle pour laquelle nous avons combattu pendant plus de quatre ans. Cette Paix française, c'est l'Alsace et la Lorraine rendues à leur Patrie, c'est l'obligation pour l'Allemagne responsable de la guerre de nous fournir des réparations et les garanties qui nous sont dues.
Les Artilleurs du 249e peuvent être fiers de leur rôle pendant la guerre ; la belle 152e Division, dont ils ont fait partie, a pris part à tous les grands combats ; partout où elle a été engagée, elle a maintenu l'ennemi ou l'a obligé à céder du terrain, jamais elle n'a reculé. L'union de tous les Français, l'immense bonne volonté de tous les combattants, la foi inébranlable dans les destinées de la Patrie nous ont mérité la victoire. Pour que la France puisse sortir plus grande de toutes ses épreuves, il faut que cette union se poursuive dans le travail pour la Paix et soit comme le prolongement de la bonne camaraderie qui nous réunissait tous au combat. Cela, nous le devons à la mémoire de ceux qui ont lutté avec nous et qui sont tombés à nos côtés, donnant leur vie pour la plus noble des causes : la Défense de la Patrie.

Source Historique du 249e Régiment d'Artillerie de campagne - Imprimerie de la Porte - Niort - 1920

Avec l’aimable autorisation de
Jean-Luc Dron
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Monuments aux morts de l’Ardèche

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Un communiqué de Monsieur Raymond SÉNÈQUE que je remercie sincèrement

J’ai terminé l’inventaire photographique des monuments aux morts du département de l’Ardèche, qui se trouve à la page :


Vous trouverez 482 monuments et plaques dans 346 communes et 2600 photos libres de droits.
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Les collégiens réalisent une fresque historique

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Les élèves de 3e du collège Vasconie, outre leurs études, avec les conseils éclairés de Pierre Reynal, professeur à l'école d'ingénieurs de Tarbes, travaillent pour la commémoration de la cérémonie du 11 novembre 2010.
Le thème : sur dix mètres de long, il sera réalisé une reconstitution de la guerre de 1914-1918 à partir de documents, de revues, se référant à l'histoire de la Grande guerre.

La suite sur la Dépêche
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dimanche 23 mai 2010

Le 218e R.I. à Verdun

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1916

Le 16 février 1916, le lieutenant-colonel COSTE prend le commandement du régiment. Le 21 avril, le 218e est relevé par le 201e R. I.
Pertes dans ce secteur : 116 hommes tués ou blessés.
Il se transporte par étapes jusqu'à Erize-la-Grande, secteur de Verdun.
Le 23 mai, il est enlevé en autobus et débarque vers 10h 30 à la Queue-de-Mala. Il bivouaque au bois de l'Empire et, à 14 heures, il reçoit l'ordre du groupement LEBRUN de se porter sur Verdun. Arrivé à Verdun à 24 heures, le régiment est mis à la disposition du général MANGIN : il se porte au Cabaret Ferme (nord-est du faubourg Pavé), puis à Souville où il organise quelques tranchées sous un barrage intense, mais les gaz lacrymogènes incommodent les travailleurs qui, malgré leur courage, ne peuvent continuer.
Départ pour Fleury-devant-Douaumont. La progression, extrêmement pénible, se fait sous une pluie d'obus. L’aspect du champ de bataille donne le frisson : partout des ruines, des morts et des mourants. Le régiment avance par bonds successifs et se rassemble à Fleury. Les pertes sont sérieuses, mais le moral est toujours bon : En avant, c'est pour la France.


La 19e compagnie, commandée par le lieutenant MARROT, reçoit l'ordre de faire une reconnaissance dans la direction de la carrière située à l'est de la tranchée Olivier, signalée comme étant occupée par l'ennemi. La compagnie remplit difficilement sa mission et se maintient plusieurs heures en contact du Boche, malgré un bombardement et un tir de barrage de mitrailleuses d'une violence extrême ; elle subit de lourdes pertes : cruelle rançon des précieux renseignements qu'elle rapporte.
Le 25 mai, après avoir passé la nuit devant Fleury, dans une position d'attente, le régiment gagne les tranchées de Douaumont où il relève le 18e R. I.
Le 26 mai, à l'aube, le sous-lieutenant BOCHE, de la 22e compagnie, distingue de nombreux groupes ennemis qui rampent vers les tranchées voisines de la première redoute du fort de Douaumont : La ligne cependant jouit d'un calme relatif ; calme précurseur de la tempête.
L'officier donne le signal d'alerte, il lance les deux fusées-signaux pour demander le tir de l'artillerie.
Déjà les poilus de la 22e ont déclenché un barrage intense de grenades et de mousqueterie. L'ennemi s'arrête net à 30 mètres environ de la ligne occupée, malgré le soutien de ses mitrailleuses qui, postées au sommet du fort de Douaumont, essaient de neutraliser notre feu. Nos poilus montrent un courage surhumain, la fusillade devient générale dans tout le secteur et le barrage demandé à notre artillerie se déclenche avec une précision remarquable, achevant de démoraliser l'ennemi et de disloquer son dispositif d'attaque.
Les Allemands demandent grâce, ils lèvent les bras, mais nos vieux poilus ne se laissent pas prendre à l'artifice : pas de quartier pour un ennemi déloyal.


Les hommes de la 22e compagnie (compagnie LABEYRIE) sont admirables de calme et de bravoure.
Vers 18 heures, l'attaque recommence, soutenue encore par les mitrailleuses du fort qui cherchent toujours à neutraliser notre ligne. Peine perdue ! nos mitrailleuses entrent en action ; grenadiers et voltigeurs rivalisent d'ardeur et d'entrain ; chefs et soldats savent qu'il faut empêcher l'ennemi d'avancer.
Le résultat est obtenu.
L'ennemi devant cette défense imprévue hésite : son élan est brisé et c'est en vain que les officiers prussiens tentent d'enlever leurs hommes : ils ne sont pas suivis. L'un d'eux, la pipe à la bouche, abandonné de ses soldats, vient tomber crânement aux pieds de nos tranchées.
Le 27 mai, l'ennemi reprend son offensive ; elle est encore brisée. Le Béarnais lui crie : « On ne passe pas. »
Le 28 mai, le 218e.est relevé.
Le régiment avait pour mission de maintenir à tout prix l'intégrité du front et d'empêcher les Allemands de prendre pied sur la côte de Froideterre.


Il peut être fier de son œuvre et son colonel lui transmet ses félicitations par l'ordre du jour suivant, daté du 29 mai :
« Le lieutenant-colonel adresse au régiment ses plus chaleureuses félicitations pour sa belle tenue en face de l'ennemi, pendant les rudes journées des 25, 26 et 27 mai 1916. II est fier de commander à des hommes qui ont montré un courage aussi tranquille et une aussi héroïque simplicité dans l'accomplissement des devoirs de la défense du sol de la patrie, au cours d'une lutte sans précédent dans l'histoire.
« Il salue les camarades tombés au champ d'honneur qui ont écrit.avec leur sang, dans les plis du drapeau du 218e, ce noms à jamais fameux, Verdun. »
Pertes : officiers : 5 tués ou blessés ; troupe: 308 tués, blessés ou disparus.
Après Verdun, le 218° prend le secteur de Saint-Thomas en Argonne où il arrive le 22 juin. Il organise les tranchées et en crée de nouvelles. Le secteur est relativement tranquille ; du 22 juin au 21 septembre, ses pertes s'élèvent à 25 tués et blessés.
Le 22 septembre, le régiment s'embarque en autobus. A 16 heures, il débarque à Lhuître (Aube), où il séjourne jusqu’au 26 novembre. Période d'instruction intense et de remise en main : cadres et hommes se préparent à la bataille de demain.
Le 27 novembre, le régiment fait mouvement et arrive le 12 décembre à Balagny-sur-Thérain, où il cantonne jusqu'au 22 décembre.
Le 23 décembre, il s'embarque en autobus, à destination d'Harbonnières (Somme) où il reçoit la mission de tenir le secteur d'Ablaincourt, et le 17 janvier 1917, le sous-secteur de Berny. Il est relevé le 11 février par les troupes anglaises. Les pertes dans ce secteur. sont de 3 tués et 11 blessés.

Source Historique du 218e Régiment d’Infanterie, BERGER-LEVRAULT, NANCY – PARIS – STRASBOURG

Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron
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Le petit char FT17, rénové, reprend sa place à l'entrée des remparts

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Le char FT17, symbole du 509e RCC régiment de chars de combat installé à Maubeuge dès les années 20, est retourné place Vauban hier, après deux mois d'absence. Raison de ce « congé » : une rénovation totale, rendue en grande partie possible grâce aux efforts du président de l'Amicale des chars et blindés, Jacques Edart.

Le FT-17 des Invalides à Paris


La suite sur La voie du Nord
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A Montséret, la stèle du monument aux Morts vandalisée

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C'est avec colère et indignation que les habitants de Montséret ont découvert la stèle du monument aux Morts souillée d'huile de moteur. Cet acte de vandalisme se serait produit dans la nuit de mercredi à jeudi et les gendarmes se sont immédiatement rendus sur les lieux pour constater les faits et mener une enquête de voisinage.

La suite sur l’indépendant
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samedi 22 mai 2010

LE SECTEUR DE CHAMPAGNE avec le 79e R.I.

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LA BUTTE DU MESNIL
Le 20e corps d'armée, en automne 1915, tient, face au nord, le secteur s'étendant de la Butte-du-Mesnil (incluse) à la Main-de-Massiges.
La 11e D.I., à l'aile gauche fait face à la Butte que ses tranchées entourent au sud et à l'est. Le front d'abord orienté O.-E. au sud de la Butte se redresse presque à 900 dans une partie N.-S. longue de plus d'un kilomètre, puis rejoint la longue ligne de tranchées de nouveau orientée O.-E. faisant face à la Main-de-Massiges et tenue par la division voisine.
A la 22e brigade (37e RI -79e RI) incombe la garde du front orienté N.-S. face à la partie E. de la Butte-du-Mesnil. Endroit aussi malsain que possible puisque les tranchées sont prises d'enfilade par l'artillerie et les mitrailleuses ennemies et que les arrières encaissent les coups longs destinés aux deux côtés de l'angle droit formé par notre ligne à cet endroit.


Les deux régiments de la brigade alternent dans l'occupation du secteur. La montée en ligne est de six jours, suivie d'un repos d'une égale durée à Hans.
L'alternance des régiments est appliquée aux États-Majors de division et de brigade. En l'espèce, le général Ferry commandant la 11e D.I. est relevé dans le commandement du secteur par le général Hellot (devenu général de D.I) commandant la 21e brigade et dans le secteur de brigade le colonel Hallier, commandant la 22e brigade alterne avec le colonel Pesmes, commandant le 69e d'infanterie.
Le P.C. de la division est à la ferme Beauséjour, dans le ravin du Marson, celui de la brigade à une intersection de boyaux à mi-chemin entre le P.C. de la division et ceux des colonels.
A mon arrivée à Hans je sais que le général Ferry est à son Q.G. à Valmy, les secteurs sont commandés : celui de la division par le général Hellot, celui de la brigade par le colonel Hallier.
Aussitôt après le déjeuner, avec ma voiture, je vais me présenter au général Ferry à Valmy ; je fais là, connaissance avec une partie des officiers de l'E.M. de la division, puis repassant à Hans je laisse mes bagages à l'E.M. et seulement muni d'un ballot renfermant les quelques objets nécessaires en secteur, je monte dans une voiture légère qui va me conduire au P.C. de la division.
L'itinéraire pour se rendre à la ferme Beauséjour passe par Somme-Bionne, suit la route de la vallée de la Tourbe par Saint-Jean et Laval, villages qui n'ont pas encore trop souffert, par Wargemoulin et Minaucourt, entièrement détruits, puis lâchant la vallée, on traverse par un chemin de terre une petite crête d'où on descend sur le Marson petit affluent de gauche de la Tourbe.
“ Après avoir dépassé Laval, m'avait dit le colonel Biesse, ne perdez pas de temps et méfiez-vous du Marson ”.
Cette recommandation m'allait être renouvelée sur différents points du trajet. Mais qu'y faire quand on est obligé de passer dans des endroits dangereux. Risque à courir, c'est le pain quotidien de ceux qui vivent en secteur. La chance est de franchir un endroit malsain au moment où le tir ennemi est suspendu ou entre des rafales d'obus lorsqu'on a pu saisir la cadence des envois !
J'avoue très simplement qu'encore inexpérimenté la recommandation faite à mon départ et renouvelée en cours de route m'avait jeté dans un certain trouble et je me laissais aller à l'expérience du chauffeur qui connaissait le Marson.
A partir de Laval, mon cœur se serre ; on quitte les derniers bivouacs établis à proximité de la route, les parcs de matériel et de chevaux d'artillerie. Le pays devient désert, on ne rencontre que quelques isolés qui se hâtent. Derrière les pans de murs de maisons écroulées à Wargemoulin et Minaucourt, on aperçoit quelques hommes autour des cuisines roulantes abritées Dieu sait comme ! et, à une vitesse aussi rapide que le permet le mauvais état de la route percée çà et là de trous d'obus, on atteint le petit ruisseau du Marson qui coule dans un étroit ravin d'une vingtaine de mètres de profondeur. C'est le “ ravin du Marson ”.
Il fait très beau, mais ce coin est lugubre : plus un arbre, des abris dont on ne voit que l'entrée sont creusés tout le long du flanc nord du ravin, des débris de toute sorte jonchent la route que des trous d'obus presque jointifs rendent très peu praticable même à une auto légère. Et puis je sens mon conducteur assez nerveux et inquiet. Il s'efforce d'arriver au plus vite à ce que fut la ferme Beauséjour pour y trouver un abri.
Je dois dire que ma route s'est faite sans aucun incident et que je n'ai ni entendu ni vu un éclatement : c'est une chance parait-il !
Le P.C. de la 11e D.I. est établi à l'endroit où se trouvait la ferme Beauséjour !... C'est un amoncellement de sacs à terre : l'ennemi marmite le Marson sans arrêt... sauf au moment où je passe.
Je suis reçu fort aimablement au P.C. par le général Hellot qui me connaît depuis longtemps ; nous avons été ensemble à l'E.M. A. et il vient du G.Q.G. où il était aide-major général. Je laisse à tous ceux qui l'ont connu et servi sous ses ordres le soin de se rappeler son affabilité, son extrême courtoisie et surtout son calme joint à une très grande bienveillance.
“ Je ne vous retiens pas ”, me dit-il, “ car il faut que vous arriviez avant la nuit et il faut compter une bonne heure de marche avant de rejoindre le P.C. du 79... au revoir... Bonne chance. ”
C'est toujours charmant... mais dès qu'on pose un pied en secteur, sait-on si on y mettra l'autre !
Un guide envoyé par le colonel Pétin m'attend au P.C. et nous nous mettons en marche !
Les boyaux sont en excellent état, il fait si beau, on ne voit que quelques éclatements très hauts. C'est une distraction car la marche dans ce pays de Champagne, dans les cheminements creusés dans la craie est horriblement monotone !
Nous arrivons au P.C. de la brigade. Là je retrouve le colonel Hallier que j'ai beaucoup connu aussi à l’E.M.A. Il a pris le commandement de la 22e brigade après avoir commandé le 37e. A la déclaration de guerre, il était attaché militaire à Vienne. Très courtois, très aimable, il est aussi fort exigeant (qui ne l'est pas à la guerre !) ; notre connaissance de date ancienne facilitera certes nos rapports et ma profonde affection pour lui ne se démentira pas et s'accentuera. Nous allons vivre ensemble dans-le proche avenir les périodes les plus dures je crois de toute la campagne Verdun, la Somme !
Il me fait un joli tableau de mon régiment, mais, on sent qu'il a une certaine préférence pour le 37e ! ce sera pour les deux régiments une rivalité de très bon aloi mais où le 79 ne perdra certainement pas la première place !

“Je vous accompagne, me dit-il, cela me permettra de vous mettre entre les mains de Pétin ”.
Et en route enfin pour le P.C. 79.
Il est près de 17 heures, la nuit tombe lorsque nous arrivons au P.C. du 79. Le colonel Pétin, prévenu, nous attendait. La cordialité de notre rencontre est un peu freinée par la présence du colonel Hallier qui ne reste d'ailleurs que quelques instants et nous laisse tous deux à la joie du revoir.
Il y a seulement là deux officiers que le colonel Pétin me présente en me disant : “ Le lieutenant Bérenger, mon adjoint, mais qui ne sera pas le vôtre ; il faut qu'il prenne une compagnie ”. Puis “ le capitaine Delmas, votre adjoint, au front depuis le début, doit vous rendre d'excellents services ”.
Ce changement d'adjoint, l'alter ego du colonel, au moment où je prenais moi-même le régiment m'avait un peu surpris, mais instantanément je trouvais l'idée excellente ; c'était une mesure que j'aurais dû prendre sans tarder car à son défaut on risque d'être entraîné dans tous les errements de son prédécesseur. Certes, j'entendais bien garder les traditions créées par le colonel Pétin, mais j'entendais donner sans tarder aussi mon empreinte au régiment ; changeant d'adjoint l'effort initial serait sûrement plus grand... mais j'avais compté sans Delmas !
Bel officier, de jolie allure, Delmas m'avait de suite conquis. Parti en campagne avec le régiment où il était lieutenant avant la guerre, il ne l'avait encore quitté que pour soigner une très grave blessure et avait pris part à toutes ses opérations. Aimé de tous, connaissant à fond le régiment, de très belle éducation, très allant, j'allais avoir en Delmas un adjoint de premier ordre ; et, dès ce moment jusqu'à celui où - la mort dans l'âme - j'ai dû quitter le régiment, il a été ce que j'aimais tant lui dire “ mon ange gardien ”. Je n'allais plus faire un pas sans l'avoir auprès de moi, m'aidant de son expérience et me couvrant de son affection dans les circonstances de guerre si dures que nous allions traverser !
Ce choix d'adjoint au colonel, très envié, était d'ailleurs dans ce cas chaleureusement approuvé par tout le régiment ; je ne pouvais que m'en féliciter.
Le régiment devait être relevé par le 37e le lendemain lundi. La soirée se passait à un échange de vues sur tout ce qui concernait le régiment et sa vie en secteur. Il avait 2 bataillons accolés en 1re ligne, 1 bataillon en réserve près du P.C. L'organisation des travaux était réglée en détail aux bataillons l'entretien de leurs quartiers ; les travaux d'intérêt commun et général, si j'ose dire, étaient exécutés par la compagnie de pionniers, unité de création extralégale que j'ai trouvée au 79e et à laquelle j'ai eu bien garde de toucher. Je n'ai fait dans la suite qu'augmenter son effectif et son outillage. Elle était commandée par le lieutenant Poinsot, officier de réserve d'un dévouement à toute épreuve, timide, mais d'un cran ! A cette unité incombait la construction des P.C., postes de secours, etc... pour laquelle nous n'avions jamais du reste d'unités spécialisées. Poinsot avait toutes les qualités de l'architecte, de l'entrepreneur et sans crainte de vexer un camarade je puis dire celles d'un excellent officier du Génie. La compagnie de pionniers aura plus tard son fanion et la croix de guerre !
Une soirée de longue giberne, une nuit de repos... passée presque en entier à bavarder et le lundi matin, laissant Pétin à ses occupations, j'allais avec Delmas faire un tour sur les arrières du secteur et dans les abris du bataillon de réserve ; nous en profitions pour prendre un contact très intime dans un long échange d'idées où nous nous trouvions d'accord ! ...


Le régiment descendra à Hans le lendemain après avoir cédé la place au 37e. Dès le début de l'après-midi commencent les opérations de la relève. Arrivée du lieutenant-colonel Michel, commandant le 37e. C'est un camarade charmant déjà âgé. En même temps que lui arrivent les chefs de bataillon de 1re ligne : ce sont deux de mes camarades de promotion de Saint-Cyr que je suis tout heureux de retrouver : Kiffer et Martinet.
La fin de la journée se passe en passages de consignes et dès les premières heures de la nuit on entend le courant des unités qui, montant en secteur, font claquer les caillebotis posés devant le P.C. ; en sens inverse, au milieu de la nuit, c'est le passage des unités du régiment qui descendent vers le Marson.
Nous quittons le P.C. de grand matin et nous nous hâtons pour arriver au plus vite à Minaucourt où nous attend la voiture du colonel : charrette anglaise, très modeste, attelée d'un cheval de prise allemand et qui rend d'énormes services. Dans l'avenir elle sera sûrement remplacée, légalement... ou non... par une petite auto, moyen de liaison indispensable pour un chef de corps.
A Hans, le régiment s'installe : le temps est toujours très beau ; il fait froid, mais malgré cela, dès le milieu de la journée les rues et place du village, défoncées, ne forment qu'un cloaque. Cantonnement de repos minable, maisons de torchis dont les communs tiennent à peine debout. Mais on y est loin des marmites, c'est un soulagement moral.
J'ai partagé le cantonnement de luxe du colonel Pétin une pièce cuisine qui sert de bureau et de popote et une pauvre chambre à coucher où on a dressé un lit de planches pour moi ; c'est très confortable !


Source Historique du 79e Régiment d’Infanterie PAYOT, PARIS - 106, BOULEVARD ST-GERMAIN - 1934

Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron
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jeudi 20 mai 2010

Le 54e R.I. en août 1917

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DANS LES VOSGES
(15 Juin-17 Décembre 1917.)

Le 15 juin 1917, le 54e régiment d'infanterie débarque à Corcieux-Vanémont, dans les Vosges. Agréable contraste, après les horizons illimités des secteurs crayeux de Champagne, des plaines boueuses de la Somme et de l'Aisne. Les premiers cantonnements, tapis dans la verdure au pied des hautes forêts de sapins, donnent l'impres sion que le séjour dans cette région sera des plus agréables.
Le 15, les cantonnements sont : Saint-Léonard (état-major), Saulcy-sur-Meurthe (1er bataillon), Sarupt (2e bataillon), et Rouges- Eaux (3e bataillon).
Dès le 17, le 3e bataillon relève un bataillon du 116e régiment d'infanterie dans le centre de résistance de Croix-Charpentier près de Raon-l’Etape.
Le 18, les 1er et 2e bataillons relèvent deux bataillons du 298e régiment d'infanterie dans deux centres de résistance de la rive gauche de la Fave. Le poste de commandement du 1er bataillon est à la ferme de Goutte-Morel, le poste de commandement du 2e au camp La Boisse à Croix-le-Prêtre. Le secteur apparaît très calme. Les habitants ne sont pas évacués même dans les maisons très rapprochées des lignes. Des abords de la cote 607, près de laquelle la 2e compagnie est en ligne, on aperçoit les habitants de Lusse et de Provenchères occupés à la fenaison dans la vallée de la Fave. Les Allemands circulent sans risques clans les rues des villages et sur les routes.
De notre côté, Wisembach où se trouve le poste de commandement d'une compagnie de première ligne est également habité. Quelques points ont cependant été le théâtre de violents combats car les arbres sont déchiquetés. Le séjour du régiment dans ce secteur se passe sans incidents.
Le 20 juin, le lieutenant-colonel Allard prend le commandement du secteur C. de la division de Saint-Dié. Le poste de commandement est à Ban-de-Laveline. La partie de ce secteur qui va du ravin de la Grande Cude à Lesseux est sous les ordres du commandant du bataillon de Croix-le-Prêtre : elle est occupée par les bataillons du 54e et un bataillon du 43e territorial dans le bois de Beulay.
Le 13 juillet, les 1er et 2e bataillons sont relevés par deux bataillons du 171e régiment d'infanterie (166e division) et cantonnent à Coinchimont (1er), Entre-deux-Eaux et Coinches (2e). Un détachement du régiment (capitaine Beyries et lieutenant Rattel) se rend à Paris avec le drapeau pour prendre part à la Révue du 14 juillet.
Après avoir gaiement fêté la fête nationale, l'état-major, les 1er et 2e bataillons se portent dans la nuit du 14 au 15, dans la région de Raon-l’Étape par une marche courte mais pénible. L'état-major s'installe à Raon-l'Étape, les deux bataillons n'y parviennent que le 16 au matin après avoir cantonné à La Voivre (1er) et à La Vacherie (2e).
A partir du 15 juillet le lieutenant-colonel commandant le 54e prend le commandement du secteur A de la division de Saint-Dié, de la hauteur dominant Senones jusqu'au point d'appui de Blanc Etoc sur la route de Badonviller. Le poste de commandement est à Raon-l'Étape.
Le secteur A est divisé en deux sous-secteurs : à droite, le sous- secteur des Ravines, dont le poste de commandement est à la scierie de Malfosse ; à gauche le sous-secteur de la Plaine dont le poste de commandement est à la mairie de Pierre-Percée.
Le sous-secteur de la Plaine comprend deux centres de résistance : celui de droite, appelé centre de résistance des Colins, l'autre, le centre de résistance de Croix-Charpentier. Chaque centre de résistance est occupé par un bataillon.
Une compagnie occupe chacun des deux points d'appui : Piton des Colins et Couronné des Colins, dans le centre de résistance des Colins, chapelle de la Chapelotte et Blanc Etoc dans le centre de résistance de Croix-Charpentier.
Un bataillon, réserve de division, a son poste de commandement à Lajus dans des baraquements : ses compagnies sont à la Vierge du Haut-Port, au camp de Lajus et dans les baraquements de Pierre Percée.
Un bataillon est en réserve d'armée à Raon-l’Étape.
De tous les points du front occupé par le régiment c'est celui-ci qui laissera les meilleurs souvenirs.
Les relèves sont rudes quand il faut atteindre des cotes élevées avec le sac au dos. Mais le secteur est si calme ! Dans la vallée de la Plaine, Celles offre en première ligne l'aspect d'une petite ville de l'arrière. Bien que dominée de partout par l'ennemi, elle n'est pas évacuée par la population et son usine, à proximité des postes avancés, fonctionne comme en pleine paix. Solidement retranchés derrière d'épais réseaux de fils de fer, les autres secteurs de première ligne sont absolument calmes. Seule, la Chapelotte est un coin redouté. Sur cette hauteur, limitée par les deux énormes rochers « de droite » et « de gauche », de violents combats se sont


déroulés avant notre arrivée, la guerre de mines y a creusé de profonds entonnoirs et l'ennemi continue à s'acharner sur les premières lignes où tombent fréquemment d'énormes torpilles. De temps en temps, un coup de main de part ou d'autre cause quelques pertes au régiment. Le centre de résistance des Colins, avec des tranchées à mi-hauteur d'une pente assez raide dont l'ennemi occupe le sommet, est lui aussi parfois agité.
Quant aux cantonnements, nulle part ailleurs le 54e n'en a connu d'aussi accueillants. La population qui a souffert de l'invasion aux premiers jours de la guerre est bienveillante, prévenante même pour la troupe. Charmante petite ville au bord de là Meurthe, Raon-l'Étape est un cantonnement idéal. Les autres villages où l'on séjourne à tour de rôle : la Trouche, Pierre-Percée, sont également agréables.
Dans la vallée de la Plaine, les lignes avancées françaises et allemandes sont très éloignées l'une de l'autre. Fin août, un groupe franc composé en partie de volontaires est constitué dans chaque bataillon (au 1er bataillon sous les ordres du sous-lieutenant Delacourt, au 2e, sous les ordres du lieutenant Pinot). Leur mission est d'exécuter des patrouilles vers les lignes ennemies et de tendre des embuscades aux reconnaissances des Allemands. Ils réussissent plusieurs opérations intéressantes pour le service de renseignements.
Du 15 juillet au 9 août, les bataillons passent alternativement dix jours en ligne, dix jours en réserve de division, dix jours en réserve d'armée. Le 15 juillet, le 3e bataillon est à Croix- Charpentier, le 1er à Lajus, le 2e à Raon- l'Étape.

Le 9 août, les deux bataillons du 115e régiment d'infanterie territoriale quittant le secteur, le 3e bataillon du 54e va occuper le centre de résistance des Ravines.
Vers le 20 août, un coup de main ennemi sur les Colins échoue, les assaillants laissent deux cadavres, dont un brûlé par son lance-flammes, et du matériel.
Le 20 octobre, les Allemands déclenchent un violent bombardement sur la région de la Chapelotte et des Colins et sur Pierre-Percée avec de nombreux obus à gaz. Ce réveil dans un secteur calme où la plupart des abris sont des baraquements, cause quelques pertes. Nous rendons la politesse quelques jours plus tard. Le groupe franc du 2e bataillon (Lieutenant Pinot)

Carte N° 8

VOSGES, BAN-DE-LAVELINE (54e R. I.)


Carte N° 9

VOSGES, RAON-L'ÉTAPE (54e R.I.)


fait à la faveur d'un bombardement une incursion dans les lignes allemandes ; des abris qu'il fouille et qui sont vides d'occupants, il ne rapporte que du matériel.
Le 3e bataillon passant le centre de résistance des Ravines à une autre unité, le 54e a désormais deux bataillons en ligne (centre de résistance des Colins et centre de résistance de Croix-Charpentier) et un bataillon à Raon-l’Étape. Les relèves se font tous les sept jours.
Les 16 et 17 décembre, le régiment, abandonnant à regret son secteur, est relevé par le 17e régiment d'infanterie et transporté en camions-autos dans la région sud de Rambervillers. Il cantonne à Grandvillers et Frémifontaine (2e bataillon).

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LES POILUS DÉVOILÉS AU CHÂTEAU

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«Je compare cela à des gens qui tomberaient sur une épave de bateau où il y a un trésor. Ils ont cherché l'endroit de l'épave, mais ont été surpris par le contenu du bateau», explique Dominique Formaz, professeur d'histoire de l'art au collège de Saint-Maurice et «découvreur» des travaux d'un grand peintre français de la Première Guerre mondiale: Julien Le Blant.

La suite
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