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NOUVELLE MISE A JOUR LE 15 avril 2014

samedi 10 avril 2010

Le 71e BCP en 1918

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Offensive allemande de l'Aisne

Le bataillon marche sur Soissons, cantonne deux ou trois jours à Serzy, à Fismes, Brenelles, pour s'arrêter le 22 mai à Venizel, près de Soissons.
Tous les jours, des bruits de départ circulent. Le bataillon va bientôt embarquer.... Pour les Flandres ? Le séjour à Vénizel est bon, les chasseurs en profitent largement. Sait-on ce que l'avenir prochain peut réserver. Le 26 mai, vers 18 heures, pendant un concert de la fanfare, le commandant reçoit un télégramme... le concert se poursuit. A la fin seulement les ordres sont transmis dans le calme : Alerte ! La nuit est obscure ; brouillard épais dans la vallée de l'Aisne. Quelques éclairs de départ, rien d'anormal. A minuit trente, ordre de départ ; une forte attaque, dit l'ordre, est imminente devant le IIe corps et sur tout le front de Soissons à Reims. Le 71e occupera immédiatement les pentes sud de la cote 156, nord du fort de Condé.
A peine le bataillon débouche-t-il du pont de Venizel que les obus s'abattent sur le village et le camp. L'horizon s'enflamme, toute la vallée de l'Aisne est bombardée. Le brouillard devient de plus en plus intense ; la fumée des explosions, la poussière rendent la direction difficile. A Missy, ordre est donné de mettre les masques, la marche continue lente et pénible. Le bataillon atteint à 3 h.30 les abords du fort de Condé.
Dès le petit jour on aperçoit dans le brouillard les routes encombrées de voitures et de groupes isolés. Les premières nouvelles sont mauvaises : l'ennemi a dépassé le Chemin des Dames, progresse sur les plateaux de Vrigny, d'Aisy, de Jouy. Nous distinguons nettement ses avant-gardes nombreuses qui avancent librement.

Abords du fort de Condé

Vers midi, ce qui reste de nos troupes se replie, le bataillon reçoit l'ordre de s'établir dans la deuxième position : ferme de Chimy – bois des Loges. Il est chargé de la défense du plateau de Condé ; mais l'ennemi nous y a devancé ; de fortes patrouilles tiennent déjà les premières lignes. Ses avions, par escadrilles, nous survolent à basse altitude, et l'artillerie renseignée sur nos mouvements commence à nous bombarder. Aucune batterie ne nous soutient. Impuissants, nous voyons des régiments et des régiments allemands s'avancer suivis de leurs colonnes de voitures, et se rassembler dans les ravins en avant de nous. Sous nos yeux, sur les pentes voisines, les batteries ennemies s'installent. A 15 heures, les engins de tranchées nous harcèlent. De fortes reconnaissances attaques nos postes de la 8e compagnie à la ferme de Chimy, et ceux de la 9e au sud du bois des Loges, tandis que le fort de Condé et le village sont pris sous un bombardement serré d'obus de gros calibres et d'obus toxiques. Un instant débordée, la 8e compagnie lâche la ferme ; elle la reprend aussitôt par une contre-attaque à la grenade. Le lieutenant NARRÉ, toujours gai, toujours calme, tue au cours de ce combat un officier allemand à bout portant ; il tient longtemps dans la ferme malgré les actions répétées de forces très supérieures. Son groupe peu à peu diminue, lui-même est blessé grièvement. L'ennemi reprend la ferme à la tombée de la nuit et essaie de progresser dans les boyaux.
Pendant la nuit, les patrouilles allemandes, sans cesse renouvelées, attaquent le 8e et 9e compagnies, mais ne réussissent pas à entamer notre ligne.
Le 28, à 6 heures, l'ennemi déclenche un violent bombardement par explosifs et toxiques ; une seule batterie de 75 essaie de riposter, elle est éteinte rapidement. A 7 h.30, l'ennemi attaque d'abord à droite, sans succès, la 9e compagnie ; les chasseurs montent sur le parapet pour mieux tirer sur les vagues d'assaut et brûlent toutes leurs cartouches.
Cependant des groupes s'infiltrent dans un ravin à notre droite, protégés par des tirs denses de mitrailleuses. Alors commence un combat acharné au pistolet, la baïonnette, lutte obscure, défense pied à pied, où beaucoup de chasseurs tombent après avoir accompli des actes d'héroïsme à jamais ignorés.
A 9 heures, autre poussée vers la gauche, tandis que continue la destruction des ouvrages de l'arrière ; par les innombrables mitrailleuses légères, bien ravitaillées, l'ennemi rase de ses feux tout le plateau ; les attaques sont incessantes. Les cartouches vont nous manquer, il faut éviter l'encerclement et se replier peu à peu en disputant le terrain pas à pas.
A 14 heures, quelques fractions, reconstituées sous le feu et ravitaillées tant bien que mal en munitions, tiennent encore les abords du fort de Condé, écrasé par les gros obus, et la route au nord du village. Mais l'ennemi a déjà traversé l'Aisne en amont de Condé et s'avance vers le sud et l'est.


Le fort de Condé

A l'ouest, il glisse par le ravin de Chivres. Les effectifs sont très réduits, les munitions sont épuisées ; ordre est donné de se replier en combattant au sud de l'Aisne. Il est temps : le génie a déjà fait sauter les ponts de Condé et de Missy. Ce dernier, incomplètement détruit, permettra cependant à nos petits groupes de passer, mais sous le feu des fantassins ennemis qui ont atteint les abords de la rivière.
Pendant la journée, le bataillon n'a cédé qu'à peine deux kilomètres de terrain à un ennemi cinq ou six fois supérieur en nombre ; la valeur individuelle et l'esprit de sacrifice total des chasseurs et des cadres ont permis cette résistance magnifique.
C'est un jeune de la classe 1918 qui rampe volontairement vers un monticule pour observer l'ennemi tout proche et qui meurt frappé d'une balle C'est le commandant qui, blessé depuis le matin, parcourt sans cesse le champ de bataille et ne le quitte que lorsque tous les survivants ont rompu le combat par son ordre.
Ce sont le sergent MELIN et le sergent VINCENT qui, sous une fusillade nourrie, transportent le long de l'Aisne le lieutenant BILLETORTE blessé ; celui-ci insiste pour qu'on l'abandonne, afin d'éviter un sacrifice inutile. VINCENT est tué d'une balle à la tête ; MELIN emporte seul l'officier vers Sermoise, après avoir passé le pont sous un feu violent.
C'est le lieutenant DUPOIZAT qui, revolver au poing, debout au plus fort de l'attaque, tombe en héros devant sa compagnie. La nouvelle de sa mort affecte tout le bataillon. C'est une belle et noble figure qui disparaît.
L'adjudant PARAGE, le chasseur LEBARBIER et tant d'autres ont une attitude admirable ; il faudrait citer tous les noms.


Source : Historique du 71e Bataillon de Chasseurs à pied - Librairie Chapelot – Paris
Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron

Plus de photos sur l’Aisne
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9 avril 1917, 6 h30, la bataille d'Arras

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Le 93e anniversaire de la bataille d'Arras a été commémoré hier, à l'aube, au Mémorial de la carrière Wellington. Un hommage émouvant à la mémoire des 160 000 soldats britanniques tombés entre le 9 avril et le 16 mai 1917.

La suite sur Nord-éclair
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le Canada rend hommage à tous les hommes et femmes ayant servi lors de la Première Guerre mondiale

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Le Premier ministre Stephen Harper a assisté aujourd’hui à une cérémonie au Monument commémoratif de guerre du Canada et à la Tombe du Soldat inconnu. Tenue le Jour de la bataille de Vimy, la cérémonie vise à rendre hommage aux Canadiens et Canadiennes ayant servi leur pays au cours de la Première Guerre mondiale

La suite
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jeudi 8 avril 2010

504e Régiment A.S.


10e BATAILLON

Formé le 6 juin à Cercottes, le 10e Bataillon sous les ordres du chef de Bataillon DARNEY, comprenait les 328e, 329e et 330e Compagnies, commandées par les capitaines BOITOT, DOLLOT et CHACHIGNON. Après une période d'instruction à Cercottes, le Bataillon arrivait avant la fin de juin à Bourron, en repartait le 15 juillet pour Mailly-Poivres, d'où le 25 il était mis en route vers la région de Villers-Cotterets, prêt à combattre moins de deux mois après sa création.
Arrivé le 27 à Silly-la-Poterie où il cantonna deux jours, il gagnait ensuite ses positions de départ successives, ne cessant de se préparer au combat par les reconnaissances de ses officiers et le travail acharné de tout son personnel sur un matériel perçu depuis peu de temps pour que des révisions et des mises au point ne fussent pas constamment nécessaires. Tout ce la dans une région fortement bombardée et que l'ypérite rendait même dangereuse.
Les trois Compagnies arrivèrent à leur emplacement de départ, dans les environs du Grand-Rosoy, la veille de l'attaque, ayant trouvé l'énergie nécessaire pour résister aux périls connus et aux fatigues endurées.
Elles devaient marcher sur le point dit Orme du Grand-Rosoy. Malgré l'énergique défense des Allemands, la masse des moyens de destruction employés contre les chars, les objectifs étaient atteints et même dépassés. Partout le courage et l'acharnement des combattants de l'A.S. surmontent ces dangers qu'ils bravent.
Une citation à l'Ordre de l'Armée devait être la juste récompense de cette journée à la fin de laquelle on comptait :
1 officier, 3 sous-officiers, 5 hommes tués.
2 officiers, 18 canonniers blessés.
Qu'il soit permis au passage, de souligner quelques-uns des actes de bravoure qui se sont accomplis pendant le combat. Leur simple évocation servira d'hommage aux braves qui les ont à leur actif.
Le char du maréchal des logis CORNET est atteint par un obus et prend feu. Le courageux sous-officier parvient à se dégager ; on peut le voir ramper sur le sol, et après de multiples difficultés, regagner ses lignes portant sur ses épaules son conducteur grièvement blessé et sans connaissance.
A son tour, le lieutenant HUGUES, seul survivant de sa section, part à l'attaque, il ira de l'avant jusqu'à ce que, cible de tous les engins de l'ennemi, il soit enseveli sous les décombres de son char avec le soldat PERRICHON, son conducteur.
Ramené à l'arrière, le Bataillon est embarqué le 6 août à Longpont et arrive le même soir à Moyenneville (Oise) afin de participer avec le 28e et le 154e Régiments d'infanterie aux attaques du 9 au 10, en effet, il reçoit l'ordre de gagner les positions de départ. La 328e Compagnie doit attaquer le bois de la Tache, une fraction de la 329e Compagnie appuiera le 154e R.I. avec comme objectif le bois du Couteau, l'autre moitié aidera le 28e R.I. sur la route Méry – Ressons pendant que la 330e s'élancera sur le bois de Ressons, sur Ressons-sur-Matz et Neuville-sur-Ressons.
Un brillant succès couronne l'attaque, les sections dépassant bientôt leur infanterie et atteignant, malgré la violence des barrages d'artillerie et le grand nombre de trappes camouflées, tous leurs objectifs avant l'heure fixée.

Intérieur d'un Saint-Chamont

On eut ce jour-là à déplorer la mort du capitaine BOITOT, de la 328e et de plusieurs sous-officiers tués par le même obus pendant qu'ils procédaient au dépannage d'un char renversé dans la tranchée conquise. Parmi eux se trouvait le maréchal des logis BONNARD qui répondit au lieutenant RAYMOND ces simples mots : « C'est pour la France »!; Le lieutenant RAYMOND prenait en fin de journée le commandement de la Compagnie.
Sa mission une fois remplie, le Bataillon gagne le camp Mailly. Il y reste jusqu'au 21 septembre, et de là est dirigé surles abris Roques, près de Souain, pour participer dans le secteur de Champagne à l'offensive qui se dessine. Les journées du 23, 24 et 25 furent employées aux reconnaissances et aux préparatifs de combat. Dans la nuit du 25 au 26, les Compagnies se portent, la 328e au nord deSouain, la 329e à l'ouest du Moulin. Le 26, à 6 heures, l'infanterie part à l'assaut suivie des chars, ceux-ci ne devant entrer en action que pour la conquête de la dernière tranchée de la première position et pour faciliter la descente sur la vallée de la ......
Durant cette journée du 26 septembre, une nouvelle page de gloire est inscrite sur le livre d'or du 10e Bataillon, grâce à la généreuse ardeur de ses soldats. Une section de la 328e, sous les ordres du maréchal des logis ........., attaque des positions fortement organisées et succombe presque entièrement sous le tir des canons anti-tanks. Deux autres sections, commandées par les maréchaux des logis ASSIÉ et MAGNIER, continuent l'attaque malgré leurs lourdes pertes et facilitent grandement la progression des fantassins. Le maréchal des logis ASSIÉ trouve là une mort glorieuse.
De son côté, le maréchal des logis COUTANT attaque seul les positions ennemies par suite de la destruction successive de trois chars ; ce fait d'armes lui valut la Médaille militaire. L'attaque se poursuivit sans relâche du 26 septembre au 3 octobre ; les pertes furent lourdes en hommes et en matériel, mais tous les objectifs successivement désignés étaient atteints. Le 5, l'infanterie rencontrant une forte résistance aux ouvrages de Blanmont, les débris de la Compagnie reconstitués forment une section sous les ordres du maréchal des logis MOUTET et refoulent l'ennemi jusqu'à Machault.
La 329e Compagnie qui, durant la journée du 26, n'avait pas eu à intervenir doit le lendemain prêter son concours à l'infanterie arrêtée devant la tranchée de Mannheim par le tir des mitrailleuses. Elle aide l'infanterie dans l'accomplissement de cette tâche. Elle est chargée, le 29, d'aider à la progression vers la Py avec une section. Cette section, ayant à franchir un glacis complètement découvert, est prise à partie par une pièce anti-tank et détruite avant d'arriver à la route parallèle à la vallée. Presque tout le personnel peut échapper à temps des chars immobilisés, s'abriter dans les tranchées voisines et rejoindre nos lignes.
Le 29, la section ROUSSEAU-PORTALIS est appelée pour permettre le franchissement de la Py. Cette section avant d'avoir pu se mettre en position est prise à partie par les pièces anti-tanks et sans pouvoir faire oeuvre utile, quatre de ses chars sont démontés et le cinquième immobilisé.
Le sous-lieutenant ROUSSEAU-PORTALIS, blessé en se défendant énergiquement, est fait prisonnier, ainsi qu'un brigadier qui, son char détruit, cherchait à regagner nos lignes. Un seul homme parvint à rejoindre dans la nuit. Le canonnier LEPORCQ, deux fois blessé dans le combat. Les cinq autres gradés et canonniers avaient payé de leur vie leur héroïque tentative. Ces braves méritent que leur nom reste dans le souvenir de leurs camarades.
Ce sont le brigadier MATHON, les canonniers GROLLET, LATREILLE et KERIBIN, auxquels doit se joindre le caporal LIBAUT du 407e qui, connaissant la mitrailleuse, s'offrit pour remplacer un chef de char blessé avant l'attaque et tomba glorieusement au Champ d'honneur. La 330e, de son côté, avait fait un bond de deux kilomètres et apporté une aide puissante aux fantassins qui prenaient position, le soir du 27, sur la Py.
Le 3 septembre, les restes du Bataillon avec ceux du 11e attaquaient en vain sur l'ouvrage dit Chapeau-de-Gendarme au-delà de la Py.
Le 8, les deux bataillons, réduits à une seule Compagnie, sous les ordres du commandant DARNEY progressaient devant la 7e Division de l'Aisne, aux lisières du village de Coucy, permettant à cette Division une avance de trois kilomètres dans les positions ennemies. A la suite de la coopération, le 10e Bataillon rentrait au camp de Poivres où l'armistice le trouvait reconstitué et prêt à partir.
De formation toute récente, composé de troupes et de cadres chez qui la volonté de bien faire aidait à l'entraînement qui faisait peut-être défaut, le 10e Bataillon a su vaincre tous les obstacles et surmonter toutes les fatigues ; son entrain et son esprit de sacrifice avaient suffi à en faire une troupe solide et aguerrie. Et la meilleure attestation réside dans le rappel des graves et fières paroles par lesquelles ses chefs l'ont remercié de ses efforts.


Source : Historique du 504e Régiment A.S. Ch. Legrand et Mme Granger – Valence - 1920
Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron
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Sept mille morts dans les tranchées

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C'est un aspect peu connu de la Grande Guerre. Cinquante-cinq mille soldats portugais ont combattu sur notre sol. Entre sept et huit mille y ont perdu la vie, pour la plupart en avril 1918 dans la bataille de la Lys. Leurs compagnons d'armes ont libéré Lille aux côtés des militaires britanniques.

La suite sur La voie du Nord
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Un recueil de pensées à Vimy

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La fin d'une époque pour la jeune nation canadienne. Le dernier Canadien connu à avoir servi au cours de la Première Guerre mondiale est décédé le 18 février. Un recueil de pensées est ouvert au mémorial de Vimy. Hier, le préfet du Pas-de-Calais a été le premier à écrire quelques lignes.

La suite sur La voie du Nord
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Guerre à l'oubli Craonne inspire toujours

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l'union : votre troisième roman se déroule en partie à Craonne comme l'indique son titre. Quelle en est l'histoire ?
David Ramolet : C'est l'histoire d'un romancier, Simon, qui se laisse peu à peu envahir par son personnage, un fermier mobilisé en août 1914.

La suite sur l’union
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mercredi 7 avril 2010

Le 359e R.I. en Alsace

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GACHENAY - SILLAKER-WASEN - COTE 830

Le 23 mars, le régiment est relevé par le 229e R.I. et se rend par étapes à Bussang, où il est enlevé en chemin de fer à destination de Gérardmer.
Après quatre jours de repos, le 29 mars, le 6e bataillon est dirigé sur Le Gachenay où, après une marche de nuit des plus pénibles, il arrive dans la nuit du 29 au 30. Il procède à son installation sommaire sous les sapins couverts de neige, puis, le 1er avril, il prend les avant-postes d'abord au Klizerstein, puis au Reichakerkopf, et enfin dans le secteur du Sattel. Le 5e bataillon, employé aux travaux de route dans la région de Not-en-Dessus, est rassemblé au Gachenay le 10 avril 1915.
Le 16 avril, le 359e reçoit l'ordre d'enlever la cote 830 qui domine Metzeral.
L'attaque part à midi. Le régiment gagne du terrain.
Les 17, 18, 19, 20 et 21 avril, de violents combats, auxquels prennent part tous les régiments de la brigade, ont lieu aux abords de la cote 830. Le 359e, après avoir sérieusement progressé, s'installe le 21 sur une ligne encerclant le fortin du Sillaker-Wasen.

Le Gaschney


Malgré tous les efforts, l'éperon de 830, très fortement défendu, n'est pas conquis.
Après quelques jours d'expectative, le 7 mai, en même temps que la 66e division opère dans la vallée de la Fecht, la 151e reprend l'attaque de 830.
Le fortin du Sillaker est enlevé, des éléments du 5e bataillon arrivent à occuper la crête de 830, mais sont refoulés par une forte contre-attaque.
La droite se heurte à un énorme réseau de fil de fer caché par la neige et ne peut progresser. A la nuit, le régiment s'organise sur place.
Le 8 mai, la 151e brigade est relevée par la 4e brigade de chasseurs ; le régiment est ramené à Gérardmer, puis ensuite à Bruyères et Granvillers. Du 11 au 23 mai, il reçoit des renforts, se réorganise et fait un peu d'instruction.
Le 23 mai, le lieutenant-colonel BÜHLER est nommé au commandement du 24e d'infanterie. Il est remplacé par le lieutenant-colonel MELLIER, qui restera à la tête du régiment jusqu'au 14 août 1918.

CAMP DE WECHSTEIN - LAC NOIR - LINGE
27 juin, 28 août 1915.

Le 28 juin, le régiment est désigné pour prendre les avant-postes à Pairis, Noirmont, Basses- Huttes, à la Crête Rocheuse, à l'Hornelskopf, au Combekopf, face au Lingekopf, au Schratzmänele et au Barrrenkopf, tenus par l'ennemi. Pendant deux mois, sous des bombardements incessants, le régiment, tout en maintenant d'une façon absolue l'intégrité du terrain qui lui est confié, prend part à plusieurs attaques, où toutes les unités se signalent par leur entrain et leur mordant.
Le 26 juillet, c'est le 7e bataillon qui se distingue ; sa bravoure lui vaut une citation à l'ordre de l'Armée. La 24e compagnie repousse de nombreuses contre-attaques ; elle est citée à l'ordre de la division.
Après ce long séjour dans un secteur très agité et empesté par de nombreux cadavres qu'il est impossible d'inhumer dans le terrain rocheux et qui garnissent les terre-pleins, le régiment, très anémié et très réduit, est ramené à l'arrière.

Le Schratzmänele

Relevé dans la nuit du 28 août, le 359e gagne par étapes Sainte-Hélène, puis Rosières-aux-Salines où, pendant un mois, il est renforcé, réorganisé et instruit.
A dater du 26 août, les brigades de la 129e division sont ainsi constituées :
257e brigade : 106e et 120e bataillons de chasseurs, 359e régiment d'infanterie.
258e brigade : 114e et 121e bataillons de chasseurs, 297e régiment d'infanterie.
Le 25 septembre a lieu la grande offensive de Champagne.
Les Allemands sont culbutés, il faut exploiter le succès, la 129e division est appelée.
Le 26 septembre, le régiment reçoit l'ordre de se tenir prêt à être embarqué en chemin de fer.



LE VIOLU
16 janvier – 12 février 1916.

Dans la nuit du 15 au 16, le 359e relève les 343e et 253e d'infanterie dans le secteur Le Violu – La Cude.
Ce secteur ressemble au secteur de La Chapelotte, les tranchées ennemies sont à très courtes distances, c'est le combat continuel à la grenade. Les minens, gros et petits, tombent en permanence. Le secteur, surtout à l'extrême gauche, du côté du fort Regnault, est très agité, les pertes sont sensibles.
Le 12 février, le 7e bataillon est adjoint au 120e bataillon de chasseurs et repousse brillamment une forte attaque ennemie qui se produit à La Croix-le-Prêtre.
Le séjour dans les secteurs de La Chapelotte et du Violu en plein hiver fut assez pénible et malgré tout, l'entrain et la bonne humeur des troupes ne faiblirent pas un instant. leur belle tenue, leur entrain et leur mordant leur valent un ordre de félicitations du général commandant la 41e D.I.
Le 13 février, le régiment, relevé par le 343e, est rassemblé à Fraize, d'où il gagne Granvillers par voie de terre.

Secteur du Violu

La 257e brigade rejoint la 129e division.
Depuis le 22, une canonnade très violente est entendue dans la direction du Nord ; les Allemands prononcent une forte attaque sur Verdun.
La 129e division est alertée et se tient prête à partir.
Le 23, le régiment se met en route par voie de terre et, par Domptail et Mehoncourt, gagne Houdemont, où il est prêt à être embarqué.
Il attend jusqu'au 2 mars ; à cette date, il est placé en réserve de D.A.L. et reçoit l'ordre d'aller relever les troupes qui occupent le secteur de Moivrons.
Le régiment gagne par voie de terre la région Bouxières-aux-Chênes – Faulx, où il arrive le 4 mars 1916.


Source : Historique du 359e Régiment d'Infanterie - Librairie Chapelot – Nancy
Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron


Plus de photos sur l’Alsace


Le musée Driant accueille des collectionneurs rémois

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Lors de l'assemblée générale du 14 novembre 2009, la question de faire connaître le musée et l'association « Les Amis du musée Driant (AMD) »

La suite sur l’union
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« Notre montagne sacrée »

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L'ouvrage du capitaine Marteaux, décrivant avec détails les combats acharnés au Hartmannswillerkopf, vient d'être réédité chez Horyzon.

La suite sur les DNA
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mardi 6 avril 2010

2e Régiment de Spahis

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Opérations en France

La mobilisation avait trouvé le 2e Régiment de Spahis au Maroc où il venait de coopérer brillamment à la prise de Taza.
Le 21 mai 1915, un régiment de marche composé des 1er, 2e, 4e et 5e escadrons est envoyé en France sous le commandement du Colonel POCHET Le BARBIER de TINAN, (effectif : 30 officiers, 787 Spahis, 889 chevaux et mulets, 40 voitures).
Un second régiment de marche, composé des 3e, 6e, 7e, 8e et 9e escadrons, restait au Maroc sous le commandement du Chef d'Escadrons de VILLENEUVE BARGEMONT.
Des échanges périodiques de détachements de relève sont organisés entre le Régiment du Maroc et celui de France pour permettre au plus grand nombre possible et aux officiers de prendre part à la campagne de France. Ces relèves fonctionnent pendant tout le séjour du Régiment de marche en France.
Parti de Zoudj-El-Bral le 21 mai 1915 en chemin de fer, il arrive à Oran, et gagne Marseille en plusieurs fractions.
Dirigé sur Vitry-la-Ville, il y arrive le 2 juin 1915 pour être rattaché le 7 juin au 2e Corps d'Armée colonial dont il fera partie pendant tout son séjour en France.
Il gagne Bussy-le-Château le 6 juillet et concourt à partir du 7 à l'occupation des tranchées du secteur de la 60e Division d'Infanterie dans la région de Souain.
C'est surtout ce rôle ingrat qui va incomber au régiment de marche pendant son séjour en France. Transporté avec le Corps d'Armée dont il fait partie, on le trouvera en Champagne en 1915, dans l'Oise et dans la Somme en 1916, devant Soissons en 1917, puis en Lorraine près de Lunéville d'où il partira pour rentrer au Maroc.
Entre temps il a eu, à deux reprises différentes, l'espoir de s'élancer à cheval à travers la trouée ouverte par notre infanterie. A pied comme à cheval, chaque fois que l'on a fait appel à leur concours, les Spahis se sont dévoués sans réserve.
Le 25 septembre 1915, sur un faux renseignement, dans un élan superbe, croyant la « Trouée » faite, le Régiment se porte d'un bond des abords de Suippes à 3 kilomètres au nord de Souain, au milieu de la première ligne d'infanterie d'attaque.
Là, les faits réels le clouent sur place et cependant, jusqu'au soir, espérant toujours, il demeure sous le feu attendant le percée désirée.
Les 26, 27, 28 et 29 septembre, il recommence à monter sa faction d'attente, mais les événements ne lui accordent pas les joies de la poursuite.
En cinq jours, sans avoir vraiment été engagé, le Régiment a perdu 3 officiers blessés (Commandant GUESPEREAU, Lieutenant STOFFEL, Sous-Lieutenant ALTIER), 12 Spahis tués, 2 disparus, 54 blessés, soit plus de 10 % de son effectif présent.
Il a en outre plus de 100 chevaux hors de combat.
Il est aux tranchées, du 28 février au 1er août 1916, secteur de Ribécourt (Oise) ; le Lieutenant GARINEAU (poste de Saussoy) réussit un audacieux coup de main sur la maison du garde-barrière, sur la voie ferrée vers Pimrez (4 mars).
Le 6 mars, le Maréchal-des-Logis JANVIER du 2e escadron est tué au cours d'une reconnaissance. Le Maréchal-des-Logis CHEIK BEN YACOUB se fait tuer en essayant de ramener le corps de son camarade et la reconnaissance rentre commandée par le Spahi GIRAUDON qui ne peut ramener qu'un blessé grave, malgré tous les efforts pour rapporter les corps des deux sous-officiers tués.
Le Lieutenant de PREUX au poste de Saussoy, se distingue dans la nuit du 29 au 30 avril 1916 en conservant la position qu'il occupe, malgré une attaque allemande, après un violent bombardement par obus toxique.
En avant de Saussoy, le 3 mai, le Maréchal-des-Logis PILLET du 1er escadron se conduit brillamment ; commandant une patrouille, il se heurte à une patrouille ennemie, l'attaque et la disperse en lui causant des pertes ; il est lui-même grièvement blessé.
Du 11 octobre au 22 décembre 1916, le Régiment occupe un secteur aux tranchées à l'est du Grand-Bois, au sud de Barleny, dans la Somme.
Le froid d'un hiver rigoureux fait endurer de dures souffrances aux Spahis, des bombardements sévères causent au Régiment des pertes assez sérieuses.
Le 18 mars 1917, il part par alerte de Sergy pour Soissons où il est mis à la disposition du 37e Corps d'Armée. Il rentrera au 2e Corps d'Armée Colonial le 17 avril.
Du 19 au 29 mars 1917, sur l'Ailette, pendant le repli allemand, il poursuit l'ennemi, gardant sans cesse le contact. Mais cette poursuite est courte et, tout de suite, le front se stabilise encore. L'adversaire a reculé lentement en résistant avec vigueur.
A partir du 1er juin 1917, le 2e Spahis de Marche est à Flin (Meurthe-et-Moselle).
Le 4 juin, le Colonel de La BRUYÈRE prend le commandement du Régiment en remplacement du Colonel de TINAN.
Jusqu'au 14 août, le Régiment fournit des équipes de grenadiers et des détachements aux tranchées dans la région de Domjevin.
Puis, par étapes coupées de repos, il gagne Séranville où il arrive le 3 septembre 1917. Le 9, il s'embarque en chemin de fer à Lunéville et Moyen pour gagner Marseille.
La campagne de France est finie pour le 2e Régiment de Spahis. Il rentre au Maroc où il se trouve tout entier réuni avec onze escadrons ; il va reprendre son dur labeur de la guerre de guérillas, les nuits sous la tente, les interminables escortes de convois et les longs séjours dans les postes lointains du Bled, mais aussi les belles chevauchées au grand jour plus conformes à ses aptitudes guerrières que la vie souterraine des tranchées.


Source : Historique du 2e Régiment de Spahis - Imprimerie du Petit Tlemcénien – Tlemcen Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron
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Un petit air de Californie

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Sur le Chemin des Dames, site phare de la mémoire militaire en Picardie, cette balade courte et facile au départ du belvédère du plateau de Californie, offre de belles perspectives sur la vallée de l'Aisne située en contrebas.

La suite sur l’union
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Après la carrière Wellington

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Autour de ces commémorations, l'office propose quelques visites guidées des champs de bataille de l'Artois. La première a eu lieu samedi à Monchy-le-Preux.

La suite sur La voie du Nord
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lundi 5 avril 2010

Hommage à de valeureux soldats Trop longtemps oubliés

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La commune de Pouillon a invité ses habitants à se souvenir des « Poilus » qui ont servi dans le Génie et qui sont morts pour la France, spécialement de Paul Germaix, Lapras de Saint-Romain et de Victor Imbert, morts pour avoir défendu Pouillon et ses environs durant la guerre de 14-18. Ils ont été enterrés dans le cimetière communal bien qu'ils ne soient pas de la région.

La suite sur l’union
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« nous entrerons dans la carrière »

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C'est à 6 h 30 (5 h 30, heure anglaise) que la commémoration du 9 avril 1917 sera célébrée, devant le mur de la carrière Wellington. ...

La suite sur La voie du Nord
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ABLAIN-SAINT-NAZAIRE

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Musée vivant 14/18 Derrière le cimetière de Notre-Dame de Lorette se trouve un musée historique retraçant le quotidien des soldats de la Grande Guerre.

La suite sur Nord-éclair
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Un travail de mémoire

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Le collège Henri-Dheurle de La Teste-de-Buch vient d'être remarqué par la Fédération nationale André Maginot pour son projet de voyage pédagogique à Verdun.

La suite sur Sud-Ouest
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CICATRICES DE GUERRE(S)

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La Première Guerre Mondiale vue par 22 auteurs, à travers quinze histoires courtes. Certaines sont réalistes, quasi témoignages. D’autres usent de chemins détournés. Toutes parlent de l’horreur d’un début de siècle défiguré par les tranchées.

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La préhistoire des sous-marins français

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Incroyable aventure technique et humaine que celle de la sous-marinade ! Une aventure dans laquelle les Français ne furent pas les derniers à s'illustrer. C'est la"naissance d'une arme nouvelle"dans notre pays que raconte cet ouvrage.

La suite sur Libé
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mercredi 31 mars 2010

LE 201e D’INFANTERIE EN CHAMPAGNE

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SAINT-HILAIRE-AU-TEMPLE. — LA CABANE. — LA CHEPPE.
PIÉMONT. — MAISONS-DE-CHAMPAGNE.
(Octobre 1916-Février 1917)

La déception est grande quand, embarqués pour Chantilly, nous arrivons, le 3 Octobre, à Saint-Hilaire-au-Temple. Ce n'est pas précisément ce que nous avons rêvé. Que se passe-t-il donc ? Est-ce là le repos ? Non, nous allons prendre le secteur et libérer une division qui, fraîche, ira aider les camarades dans la Somme. Et malgré le peu de charme que cela nous réserve et les tristes souvenirs que nous rappelle ce secteur de Souain nous allons nous y installer, à la Cabane, devant la fameuse ferme Navarin.
La relève se fait le 6 Octobre. Certes on « bougonne » un peu et pour cause : nous nous étions fait des illusions. Après avoir compté, durant toute l'attaque de la Somme, sur un peu de repos au bord de la mer, en Seine-Inférieure, nous avions cru aller à Chantilly, où nos camarades du 1er d'infanterie étaient cantonnés. Et au lieu de cela, la Champagne désolée et désolante est là, nous attendant.
L'hiver qui commence s'annonce dur. On s'installe cependant, d'ailleurs assez bien, car le secteur est bien organisé et pas très agité. Ce nous est une consolation, car nous aurions pu tomber beaucoup plus mal.
Notre séjour à la Cabane, coïncide avec la transformation de notre division qui sera à l'avenir formée des 1er, 201e et 233e. Les 43e et 127e quittent la 1re division pour former avec le 327e, la 362e division.
Le 29 Novembre, nous sommes relevés, mais pour rester dans la région, au repos à Piémont, la Cheppe. Ce repos dure d'ailleurs très peu de temps car un travail urgent de deuxième position s'impose et nous y sommes employés.
Nous remontons en ligne, dans notre ancien secteur, devant Navarin, le 6 Janvier. Mais déjà nous savons que ce sera pour peu de temps. De nombreux « tuyaux » circulent en effet, l'un d'eux prend consistance : le 1er corps d'armée a des éléments dans la région de Jonchery, où ils procèdent à des reconnaissances ; on attaquerait de ce côté et nous serions de la fête. C'est sans doute le travail à faire au printemps qui se prépare.
Le 15 Janvier, le colonel Hebmann nous quitte pour aller prendre le commandement d'une Infanterie divisionnaire à Verdun. Le lieutenant-colonel Mougin venant du 8e R. I. lui succède au commandement du régiment.
Fin janvier nous sommes relevés et nous descendons à la Cheppe et Bussy- le-Château. Dieu que nous y avons souffert de froid ! au cours de cette si dure période ! À peine arrivait-on à se réchauffer un peu dans la journée, les nuits dans les baraquements étaient terribles. Voilà un pays qu'on, ne regrettera pas.
Enfin l'ordre arrive de nous préparer au départ et de fait nous partons le 15 Février, pour aller cantonner à Saint-Germain-la-Ville, où nous arrivons à 15 heures. L'étape déjà longue (25 kilomètres) avait été rendue pénible par le mauvais état des routes. Depuis le matin nous n'avions pas cessé d'entendre un violent roulement. Une attaque se produisait certainement quelque part, dans la direction du Nord-Est. Chacun se souvenait alors, qu'il y a un an presque jour pour jour, l'ennemi avait attaqué sous Verdun, se demandait si nous n'allions pas être appelés vivement à aller étayer nos lignes. Le canon semblait nous convoquer.
Et de fait, alors que nous étions arrivés à 15 heures, exténués de fatigue, un coup de téléphone est donné à 18 heures au lieutenant-colonel qui reçoit l'ordre d'alerter immédiatement le régiment. Les camions arrivent pour nous embarquer. C'en est fait, nous n'y « coupons » pas. Les autos nous prennent et nous mènent, dans la nuit, vers le Nord, vers les lueurs du bombardement, dans le secteur tenu par la 2e division.
À Saint-Jean-sur-Tourbe, le général Guignabaudet nous envoie dans le secteur de Maisons-de-Champagne. Le 4e bataillon est en tête, bientôt suivi par le 5e et le 6e. Nous apprenons alors ce qui s'est passé.
L'ennemi a attaqué Maisons-de-Champagne, le 8e et le 208e R. I., ont subi le choc, ont perdu du terrain et maintenant que la crête qui domine le Marson est prise par les Allemands, nous ne savons pas ce que sera demain.
Débarqués à Laval, il nous faut gagner les lignes par la grand' route et le ravin de Marson.
Nous sommes on ne peut plus fatigués, la longue marche de la journée, le manque de repos complet, cet embarquement inopiné en camions, cette nuit sans sommeil, nous ont mis à « plat ». Et cependant on marche, puisqu'on va au secours de camarades.
À partir de Minaucourt nous entrons dans une véritable nappe de gaz. Les Allemands, pour empêcher nos réserves d'avancer, arrosent en effet la grande route et créent dans le ravin de Marson un barrage serré d'obus toxiques.
Déjà on n'y voyait guère ; maintenant, avec le masque sur la figure, il devient impossible de se diriger. Les hommes se tiennent par la capote et, en file indienne, on marche en aveugle. Il faut se garer, et des obus qui sonnent la route, et des caissons d'artillerie qui nous croisent à toute allure.
Pour se diriger il faut soulever le masque et c'est alors le gaz qui nous suffoque. C'est, croyons-nous, la marche la plus pénible que nous ayons faite au cours de cette dure campagne.
Au petit jour nous arrivons à l'ouvrage du Fortin et la journée toute entière fut employée à prendre position homme par homme car l’ennemi qui nous a vus. salue nos débuts dans le secteur, par un arrosage des plus copieux sur tous les boyaux.
Le 4e bataillon occupe l'ouvrage Poquereau, son installation lui coûte des pertes sensibles. Deux chefs de bataillon les commandants Roche et Heinon sont évacués pour intoxication. Les 5e et 6e bataillons sont en réserve dans le ravin de Marson et sous le Tunnel.
Notre rôle est maintenant de tenir la ligne sur laquelle le 208e R. I. a été rejeté, de la mettre en état de défense tout en préparant une attaque qui aura pour but la reprise du terrain perdu.
L'ennemi semble vouloir se contenter de son succès, la position dominante qu'il occupe lui suffit. Il ne prononce aucun mouvement et se borne à interdire tous nos travaux, par un tir des plus soutenus et des plus nourris qui décèle une nombreuse artillerie.
L'attaque pour la reprise de la position devient de plus en plus précise et il semble bien que cet honneur va encore nous échoir.
Cette perspective n'a rien d'emballant, d'autant que le terrain se prête peu à l'opération, que la fatigue est énorme, que nos pertes depuis notre arrivée ont été sévères. Mais s'il le faut on ira et, ma foi, nous nous préparons.
Un labeur énorme commence alors ; la création d'une parallèle de départ sur tout le front du régiment qu'il faut faire en quelques nuits réclame toutes les énergies. La pluie tombe sans discontinuer sur ce terrain imperméable et ajoute encore à nos fatigues ; l'ennemi a d'ailleurs prévu nos intentions que nos travaux révèlent ; il fait dans tout le secteur des tirs de contre-préparation qui nous gênent considérablement.
L'attaque est fixée au 25. Il était dit que nous ne la ferions pas. Tout est terminé, le travail est au point grâce à la belle énergie du capitaine Battet, qui toujours sur la brèche, donnant le plus bel exemple, stimulait le zèle de chacun. Le 4e bataillon a achevé au jour voulu le travail qui lui incombait. Les 5e et 6e ont pris la tenue d'attaque au ravin des Pins et montent pour prendre position.
Les premiers éléments atteignent déjà la ligne quand le contre-ordre arrive. Le régiment n'attaquera pas et sera relevé. Il doit, aller à l'arrière pour se préparer à la grande attaque du printemps, à laquelle il doit coopérer.
Cette période, si elle n'avait rien eu de glorieux, est certainement une de celles qui restera le plus longtemps gravée dans la mémoire de tous, comme ayant été une des plus dures de la campagne.
Le 4e bataillon, commandé par le capitaine Battet, avait donné son plein de dévouement et le général Grégoire l'en récompensa par une très belle citation à l'ordre de la division.


Source : Historique du 201 R.I. - JOUVE & Cie, ÉDITEURS - 15, RUE RACINE − PARIS-VIe – 1919
Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron
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La vie tranchée

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Avec La vie tranchée, Bénédicte des Mazery nous offre un roman fort, poignant. C'est la grande boucherie de 14-18 rendue par un biais inattendu mais pas anodin. Un très bel hommage aussi pour tous ces poilus envoyés à l'abattoir.

11 novembre 1918 (144)

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41e régiment d'infanterie coloniale
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 1 mai 1917

Principaux combats du 41e régiment d'infanterie coloniale

1914 Morhange Grand-Couronné Chuignes Maricourt
1915 Givenchy (27 septembre)
1916 Verdun Seppois
1917 Laffaux (16 avril)

42e régiment d'infanterie coloniale
11 Novembre – Le Régiment entre à Semendria (Serbie) à 11 h 30.
Pertes : Néant

Principaux combats du 42e régiment d'infanterie coloniale

1914 Meuse Beaumont Flabas (1er septembre) Ablaincourt Beauzée Deuxnouds (8, 9 septembre) Chauvoncourt (26, 27 septembre) Cote Sainte-Marie Cote 277 Menonville
1915 Bois Le Prêtre (2-13 juillet)
1916 Somme Frise Biaches Barleux (1er juillet-21 août)
1917 Armée d’Orient : Kir-Kilissé (16 mars) Piton Rocheux (16 mai)
1918 Rive droite de la Cerna (14 septembre)

43e régiment d'infanterie coloniale
Le journal des marches du régiment n'existe pas

Principaux combats du 43e régiment d'infanterie coloniale

1914 Morhange Grand-Couronné Chuignes Maricourt
1915 Givenchy (27 septembre)
1916 Verdun Seppois
1917 Laffaux (16 avril) Craonne (août-octobre)
1918 Montagne de Reims

44e régiment d'infanterie coloniale
Le journal des marches du régiment n'existe pas

Principaux combats du 44e régiment d'infanterie coloniale

1915 Vauquois Bagatelle
1916 Somme : Frise Biaches Barleux
1917 Armée d’Orient : Piton Rocheux (16 mai)
1918 Rive droite de la Cerna (14 septembre)


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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mardi 30 mars 2010

Le 7e Génie

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Compagnie 15/12

En tout premier lieu nous placerons la valeureuse Compagnie 15/12 qui mérita par ses exploits 6 citations dont 5 à l'Ordre de l'Armée, 1 au Corps d'Armée et la Fourragère aux couleurs de la Médaille militaire.
C'est à la bataille de Crouy en janvier 1915, après de rudes travaux dans la Woëvre, sur la Meuse, sur l'Ornain, devant Saint-Mihiel qu'elle commença à s'illustrer. Les 10, 11 et 12 elle marchait devant l'infanterie à l'attaque des tranchées allemandes. Le 13 au soir, grâce à elle, nos troupes pressées par un ennemi bien supérieur en nombre, purent repasser sur la rive gauche de l'Aisne.

Ordre de l'Armée

« A pu assurer, du 4 au 13 janvier 1915, par un travail constant et des plus pénibles, nécessitant souvent l'immersion des sapeurs jusqu'à la ceinture, en raison d'une crue persistante et exceptionnelle de l'Aisne, la conservation des ponts et passerelles sur supports flottants. A lancé le 13 une passerelle sous un feu violent d'artillerie. »

De mars à juillet 1915, elle est aux Éparges et gagne sa deuxième citation :

Ordre de l'Armée

« Sous le commandement de ses chefs, le Capitaine ANTOINE et le Sous-Lieutenant CHABAS, a fourni un travail ininterrompu pendant 80 jours, construisant près de 7.000 mètres de sape ou parallèles en première ligne, et 3.000 mètres de réseau de fil de fer, sous un feu violent. A contribué et dirigé l'organisation d'un secteur important conquis à l'ennemi. Dans les circonstances les plus difficiles et malgré des pertes continuelles est restée toujours dans la main de ses chefs, en conservant un moral parfait. »

L'Artois, la Champagne, l'Argonne, Verdun la voient toujours aussi vaillante. Dans la Somme elle est citée pour la troisième fois :

Ordre de l'Armée

« Ayant comme mission de collaborer à l'enlèvement d'une position ennemie très importante, se porte à l'assaut avec l'infanterie, détruit par explosifs les galeries et les blockhaus défensifs, et se maintient, malgré un bombardement intense, sur la position qu'elle a contribué à organiser, faisant, par son esprit offensif et sa bonne humeur, dans une situation difficile, l'admiration de tous. »

Nous la retrouvons au Mont-Cornillet où son entrain cité comme exemple aux camarades de combat lui vaut sa quatrième citation :

Ordre de l'Armée

« A construit à moins de 150 mètres d'une mitrailleuse ennemie une portière de bateaux armés de deux mitrailleuses et d'un canon de 37 millimètres, s'est portée audacieusement sur la rive ennemie permettant aux mitrailleuses de balayer pendant l'action de l'infanterie les communications ennemies et au canon de 37 d'aveugler les mitrailleuses qui se démasquaient. Ne s'est retirée qu'au moment de couler et a sauvé la majeure partie de son matériel. »

Aux mois d'août et septembre 1918, elle travaille avec acharnement sur l'Ailette et obtient sa cinquième citation :

Ordre de l'Armée

« Unité d'élite qui vient d'affirmer à nouveau ses superbes qualités militaires en établissant sous un feu des plus violents sur un canal et sur une rivière, les moyens de passage indispensable à l'infanterie qui devait s'emparer de vive force de la rive opposée. A permis à cette dernière de s'asseoir solidement de l'autre côté de l'obstacle, en assurant du 29 août au 2 septembre 1918, malgré des pertes sévères, le maintien de tous les passages, sous des bombardements massifs et dans une atmosphère infectée par les gaz. »

Nous rappellerons qu'en mars 1916, le Général commandant le 16e Corps d'armée voulut la récompenser par la citation suivante :

Ordre du Corps d'Armée

« A exécuté sous le feu de l'ennemi, les 1er, 2 et 3 mars 1915, un travail intensif avec une activité et une audace particulière d'un bel exemple pour les troupes. »


Source : Historique du 7e Régiment du Génie - Imprimerie Rullière Frères – Avignon – 1920
Avec l’aimable autorisation de Jean-Luc Dron
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Guerre de tranchées autour du Mémorial de Dormans

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SAMEDI vers 11 heures, le Mémorial de Dormans accueillait un groupe de 40 membres du comité du souvenir français de Gif-sur-Yvette (région parisienne). Ceux-ci effectuaient un périple, le matin à Château-Thierry, l'après-midi, ils étaient attendus à Mondement.

La suite sur l’union

Pour vous faire une opinion sur le différent c'est ici et
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Les collégiens sur les hauts lieux de la bataille de Verdun

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82 élèves des classes de troisième du collège Antonin-Perbosc vont partir en voyage scolaire du 7 au 10 juin sur les hauts lieux de la Bataille de Verdun. Cette année, en France, près de 300 établissements scolaires participent au prix du civisme et de la mémoire. Xavier Badefort

La suite sur la Dépêche
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11 novembre 1918 (143)

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36e régiment d'infanterie coloniale
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 11 novembre 1916

Principaux combats du 36e régiment d'infanterie coloniale

1914 Einvaux Remonville Gerbéviller Lamath Xermaménil
1915 Bois Le Prêtre (2-13 juillet)
1916 Somme Frise Biaches Barleux (1er juillet-21 août) Orient

37e régiment d'infanterie coloniale
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 14 mai 1917

Principaux combats du 37e régiment d'infanterie coloniale

1915 Bois Le Prêtre (2-13 juillet)
1916 Somme Frise Biaches Barleux (1er juillet-21 août)
1917 Armée d’Orient : Piton Rocheux Piton Jaune (9 mai)
1918 Skra di Legen (18-30 septembre)

38e régiment d'infanterie coloniale
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 10 octobre 1918

Principaux combats du 38e régiment d'infanterie coloniale

1915 Bois Le Prêtre (2-13 juillet)
1916 Somme Frise Biaches Barleux (1er juillet-21 août)
1917 Armée d’Orient : Piton Rocheux Piton Jaune (9 mai)
1918 Skra di Legen (18-30 septembre)


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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lundi 29 mars 2010

Hervé Toulotte met en lumière la bataille de Craonne, le temps d'une exposition

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Du 16 au 19 avril, la salle Lefebvre accueillera l'exposition « Les Poilus de Craonne 1917 », fruit d'un travail décennal réalisé par Hervé Toulotte, « soldat deuxième classe de l'histoire » selon ses propres mots.

La suite sur La voie du Nord
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Le gouvernement du Canada lance une campagne de publicité pour souligner la fin d’une époque

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L'honorable Jean-Pierre Blackburn, ministre des Anciens Combattants et ministre d'État (Agriculture), a présenté aujourd'hui une annonce spéciale qui vise à encourager les Canadiens et Canadiennes à participer à des activités commémoratives, le 9 avril 2010, pour souligner la « fin d'une époque ». L'annonce sera diffusée à l'échelle du Canada jusqu'au 9 avril 2010.

Un historien tire la sonnette d'alarme

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Il faut créer du lien en Argonne LE COMITÉ franco-allemand continue son œuvre de préservation du patrimoine. En particulier celui qui a trait à la Première Guerre mondiale. Depuis quelques jours, un nouveau site vient de rentrer dans le giron des lieux à restaurer.

La suite sur l’union
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En terrain miné

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Dispositif exceptionnel. Un périmètre de sécurité terrestre et aérien de 500 mètres a été mis en place autour d'un ancien champ de tir dans l'enceinte du 515e régiment du Train à La Braconne. Les militaires ont besoin de déminer un hectare de terrain pour travailler sur l'extension d'un parking. Or, le lieu a été affecté depuis 1880 au Département de la guerre, service de l'artillerie, pour l'installation d'un champ de tir. Il a notamment été occupé par une école d'artillerie jusqu'en 1954.

La suite sur ouest-France
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L'âme des cimetières militaires

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La Maison du département de Reims accueille jusqu'au 10 avril une exposition de photos de Mathias Dubos sur la mémoire des cimetières militaires.
« J'ai voulu mettre en lumière un patrimoine marnais que l'on ne connaît finalement pas. Ce sont ces cimetières militaires aux côtés desquels on passe sans jamais s'arrêter… »

La suite sur l’union
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11 novembre 1918 (142)

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32e régiment d'infanterie coloniale
Le journal des marches du régiment n'existe pas

Principaux combats du 32e régiment d'infanterie coloniale

Maubeuge, sans date

33e régiment d'infanterie coloniale
11 Novembre – A 11 heures les hostilités cessaient sur tout le front.
Les pertes pendant ces trois journées sont :
Tués : Officier 1, Troupe 5
Blessés : Officier 1, Troupe 36
Disparus : Officiers 3, Troupe 77
Gazés : Officiers 2, Troupe 68
Il y a lieu d’ajouter à ces chiffres un grand nombre d’évacuations pour pieds gelés, plus de 30. En effet, les troupes engagées ont été obligées de se terrer dans des trous d’obus déjà pleins d’eau, où dans des trous établis hâtivement et qui s’emplissaient d’eau au fur et à mesure et de passer ainsi 48 heures. Malgré les dures souffrances endurées, malgré les pertes endurées par le feu ennemi, par les gaz, par le froid, elles ont fait preuve d’une magnifique ténacité, bien décidées si elles pouvaient déloger l’ennemi, et lui barrer du moins le chemin s’il tentait de sortir de ses lignes.

Liste des victimes des 9, 10 et 11 novembre

Le 11 à partir de 10 heures, le poste de commandement du Régiment fonctionne à Marron (à coté de l’étang de Vaux)

Principaux combats du 33e régiment d'infanterie coloniale

1915 Beauséjour Offensive de Champagne
1916 Somme : Belloy-en-Santerre Villers-Carbonnel
1917 Offensive de l’Aisne
1918 Château-Thierry (juin) Ouest d’Epernay (15-18 juillet) Etain (9-11 novembre)

34e régiment d'infanterie coloniale
Le journal des marches du régiment n'existe pas

Principaux combats du 34e régiment d'infanterie coloniale

1914 Meuse Beaumont Flabas (1er septembre) Ablaincourt Beauzée Deuxnouds (8, 9 septembre) Chauvoncourt (26, 27 septembre) Cote Sainte-Marie Cote 277 Menonville
1915 Bois Le Prêtre (2-13 juillet)
1916 Somme Frise Biaches Barleux (1er juillet-21 août)
1917 Armée d’Orient : Kir-Kilissé (16 mars) Piton Rocheux (16 mai)
1918 Rive droite de la Cerna (14 septembre)

35e régiment d'infanterie coloniale
Le journal des marches du régiment n'existe pas

Principaux combats du 35e régiment d'infanterie coloniale
1914 Signal de Xon Norroy
1915 Bois Le Prêtre (2-13 juillet)
1916 Somme Frise Biaches Barleux (1er juillet-21 août)
1917 Armée d’Orient : Kir-Kilissé (16 mars) Piton Rocheux (16 mai)
1918 Rive droite de la Cerna (14 septembre)


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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