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NOUVELLE MISE A JOUR LE 15 avril 2014

mercredi 13 janvier 2010

Le 66e R.I. en Lorraine

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LE GRAND COURONNE DE NANCY
(Août 1914)

Le 6, au soir, on débarque à Chavigny et à Maron, dans la Meurthe-et-Moselle, et on se rend à Falvigny, à 10 kilomètres au sud de Nancy. Là, dans ce coin lointain de la France, chacun sent se briser les fils mystérieux qui le relient à son foyer. Finies les larmes, finis les adieux ! On songe encore avec un serrement de cœur au petit mouchoir blanc qui s'agitait là-bas, si loin … on est dans la main du Destin, avec une raison d’être : défendre les siens …
Le 7, le régiment se porte en couverture derrière le 20e CA, puis à Dombasle.
Le 11, le corps d’armée va relever le 20e corps. Le régiment traverse Nancy. La vieille cité des ducs de Lorraine qui au cours de tant de guerres, fut la forteresse avancée de la France sur laquelle l’adversaire venait briser ses efforts, entend gronder le canon ennemi.
Elle nous accueille comme des libérateurs. La chaleur est étouffante, les nuages de poussière aveuglent nos soldats. Chaque habitant, du plus riche au plus pauvre, donne ce qu’il a. Sur le cours Léopold, le boulevard Charles V et le pont de Malzéville, chacun accourt avec des bouteilles de vin, des cigares, du pain, des gâteaux. Sur le seuil d’une maison bourgeoise, une dame et ses filles tamponnent d’eau fraîche le front ruisselant des soldats et, dans ce geste, mettent tant de douceur et de délicatesse, que la fatigue semble s’envoler sous le charme de ces mains de femmes.
Le corps d'armée a pour mission de tenir sur le front de Sainte Geneviève – Serrière – Moivron.
Le 15 août, les 1er et 3e bataillons sont chargés d’enlever Nomény Le 1er est en avant-garde. Il part de la ferme des Francs. Là, pour la première fois, nous avons un exemple de la barbarie teutonne. Quelques jours avant, les uhlans étaient venus et avaient tué à coups de revolver un enfant de 8 ans.
Avant l'attaque, a lieu une dernière distribution de cartouches et, à cet instant solennel du baptême du feu, on regarde ces paquets de petites balles brillantes et on pense : « Je vais tuer des hommes … » Un commandement bref et on s'élance. Le poste ennemi qui tenait le pont de la Seille s'enfuit à notre approche. On occupe le village après quelques coups de feu. Le maréchal-des-logis éclaireur LAVALETTE est tué en patrouillant aux abords du village.... C’est notre premier mort.
Les habitants nous appellent leurs sauveurs et sont fous de joie d'être arrachés à la griffe allemande.
Les poilus du « Six-Six » se sentent pris d'affection pour ce petit village lorrain. C'est leur œuvre si le vieux drapeau tricolore de la mairie a repris sa place des jours de fête ; et puis, dans les yeux des habitants, brille une joie si sincère !
Le lendemain, la 2e compagnie refoule, au nord d'Eply, un parti de uhlan, en tuant deux et en blessant plusieurs.
L'ennemi bombarde Clémery. Chacun a encore dans l'oreille le bruit de ces premiers obus, du frisson que produit ce bruissement sinistre qui emplit l'espace et se termine par un fracas.
Deux jours plus tard, le corps d’armée est relevé et s’achemine vers Nancy, où il doit embarquer. Mais le 3e bataillon est à peine parti, que voici le contre-ordre. « L’ennemi est à quelques kilomètres de Nancy et il faut l’arrêter ! »
Le 3e bataillon revient et le régiment, par marche de nuit, reprend ses emplacements (Clémery, Manoncourt, Civry). Du haut du mont Saint-Jean, nous voyons la vallée de la Seille. Un village brûle et les colonnes de fumée noire se tordent dans le ciel comme des bras suppliants. Un cri : « C’est Nomény ! » et le cœur de chacun se serre en songeant au petit village si hospitalier que nous avions délivré et que l’envahisseur livre aux flammes.
Le colonel JANIN prend le commandement de la 35e brigade et le commandant MERCIER celui du régiment.
Le 23, le régiment est relevé et doit aller vers Varangéville, mais, le lendemain soir, un contre ordre et l'on se met en route. Marche de nuit dont chacun se souvient. Déjà harassés par l'effort fourni, les hommes sommeillent presque en marchant, la pensée absente. Ils se sentent comme des coquilles de noix entraînées par le torrent des évènements de ces quelques jours d'épreuve ont déjà recouvert leur âme d'une patine de fatalisme.
On prend position dans le secteur Château – Tremblais – Saneuvelotte – Seichamps. Puis, le 25, le régiment participe au mouvement offensif de l’armée. Le bataillon KLING occupe Champenoux ; le bataillon RABUSSEAU, la lisière est de la forêt de Champenoux.
Nous passons près d'une batterie ennemie qui, prise sous le feu d'une batterie du 33e d'artillerie, a été anéantie. Et, pour 1a première fois, nous voyons un champ de bataille. C'est le bois Morel. Là, parmi les troncs d'arbre égratignés par les balles, gisent des files entières de tirailleurs boches. Cadavres hideux qui sont là depuis plusieurs jours. Non encore accoutumés à ces spectacles brutaux, on évite de regarder ces faces convulsées.
Hélas ! dans les grands champs de blé, sur les pentes, gisent aussi bien des « pantalons rouges ».
Pauvres camarades, fauchés dès le début, notre tâche sacrée est maintenant de vous venger, afin que sur votre tombe on ne remplace pas le mot de « martyr » par celui de « dupe » !
Deux jours plus tard, le commandant DE VILLANTROYS prend le commandement du régiment. C'est lui qui mènera notre « Six-Six » aux grands jours de la Marne et aux durs combats de Belgique.
Tous se souviennent de sa figure amaigrie par la fatigue d'un labeur incessant et où les yeux, sous la broussaille des sourcils, jettent une flamme si énergique.
Le 2 septembre, les gros canons des forts de Metz bombardent les abords d’Erbévillers. Dans la nuit, éclatent des feux de salve lointains suivi d'une étrange clameur, sorte de plainte qui fait frissonner et qui se prolonge.
C'est un bataillon ennemi qui, égaré, est venu se heurter à nos troupes, et qui, en colonne par quatre, sur la route, est fauché par les feux du 114e et du 125e.


Source Historique du 66e R.I., IMPRIMERIE BARROT ET GALLON 15, Rue Etienne Pallu TOURS
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11 novembre 1918 (103)

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201e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 10 juin 1917

209e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 31 octobre 1916

211e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 23 septembre 1917

222e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 22 juin 1917

223e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 25 septembre 1917


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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mardi 12 janvier 2010

Haraucourt

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Gravure sur bois de Gasperini


Source : La guerre racontée par les Généraux
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93e R.I. - RETRAITE DE L’AISNE

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RETRAITE DE L’AISNE
(28 Mai au 1er Juin 1918)

Le 28 Mai, dans la matinée, après une nuit troublée par plusieurs bombardements par avions, le régiment reçoit l’ordre d’aller occuper un secteur en première ligne au Sud de l’Aisne, à l’Est de la route Ciry-Salsogne-Condé. Le mouvement doit être terminé à 18 heures.
Deux compagnies de manœuvre, sous les ordres du Capitaine DE LASSUS et du Capitaine GOURDIER, et une section de mitrailleuses, commandée par l’Adjudant DUCASSE, formées avec les éléments restants et un renfort venu du C.I.D., seront accolées, chacune d’elles en profondeur, en liaison à droite et à gauche avec les deux autres régiments de la division.
Vers 12 heures, le contre-ordre est donné.
L’ennemi a forcé les passages de l’Aisne et progresse activement vers Chassemy-Braisne.
Les troupes de première ligne se retirent dans la direction de Mont-de-Soissons.
Le régiment reçoit l’ordre d’aller cantonner à Chacrise. Le mouvement, commencé immédiatement, est gêné par les avions ennemis qui mitraillent les compagnies pendant la route. A 19 heures, le régiment va prendre les avant-postes au Nord-Est de Nampteuil, entre Violaine et la ferme de l’Epitaphe, avec mission d’interdire toute infiltration de l’ennemi vers la vallée de la Crise.
Les deux compagnies de manœuvre forment deux grands gardes accolés. Comme réserve, le Commandant du Régiment dispose de tous les éléments étrangers refluant vers l’arrière, arrêtés au passage et regroupés.
La nuit est calme.
Le 29 Mai, dès la pointe du jour, l’ennemi cherche à descendre des hauteurs de Mont-de-Soissons.
Après une première résistance sur les positions au Nord de la Crise, le Régiment va s établir sur les hauteurs, au Sud de la rivière, à l’Ouest de Nampteuil, où il tient l’ennemi en échec toute la matinée, jusqu’à ce qu’il ait brûlé ses dernières cartouches.
Les sections, bien dissimulées dans les boqueteaux et replis du terrain, font des feux ajustés sur les troupes allemandes dévalant les pentes en formations serrées, et leurs occasionnent des pertes sensibles.
L’Adjudant DUCASSE, avec une mitrailleuse, qu’il sert lui-même, fauche complètement les premières vagues ennemies.
Le moral des hommes est excellent.
C’est à regret que, vers midi, ils exécutent l’ordre de se replier, faute de munitions, pour laisser la place aux 9e et 18e Bataillons de Chasseurs à Pied.
Le régiment reçoit l’ordre de s’établir en deuxième ligne, derrière les chasseurs, vers la station de Droizy, où il peut se ravitailler.
Dans la journée, il subit un très violent bombardement qui, heureusement, ne lui occasionne aucune perte.
Dans la soirée, le 93e reçoit l’ordre d’aller prendre position au Sud d’Hardennes-et-Taux, au Nord-Est de la ferme de Contremain, première position de défense avancée du C.R.P.
Il est prévenu que, dès la tombée de la nuit, les troupes qui sont à l’Est de la route nationale de Soissons à Oulchy-le Château, se replieront vers l’Ouest, et qu’il doit se considérer comme étant aux avant-postes.
Le régiment est installé vers 20 heures 30, les deux compagnies de manoeuvre sont accolées.
Le Lieutenant VALLY remplace le Capitaine GOURDIER, blessé.
La nuit est calme.
Le 30, au matin, l’ennemi continue son mouvement offensif. Avec de gros effectifs, précédés de chars d’assaut, il cherche à forcer la position. Le régiment tient bon et ne cède pas un pouce de terrain.
Mais les unités placées vers Grand-Rozoy ont du se replier sous la pression qui ne cesse de s’accentuer.
Il s’agit de redresser la ligne.
Pour ce faire, le régiment reçoit l’ordre de laisser seulement en position sa compagnie de gauche (DE LASSUS) tandis que celle de droite (VALLY) viendra en réserve d’I.D., vers la Fontaine-aux-Chênes, le 137e Régiment d’Infanterie devant assurer la liaison à droite avec l’unité du 93e restant en ligne.
Pendant l’exécution de ce mouvement, l’attaque allemande redouble de fureur ; la droite continue à céder : le régiment, complètement débordé, est soumis à un barrage des plus violents, par obus de gros calibres et par obus toxiques, et à des pertes sérieuses.
Ses éléments isolés se retirent péniblement par Saint-Rémy vers Billy-sur-Ourcq, sous le feu des mitrailleuses des nombreux avions ennemis qui les poursuivent.
La défense de Billy-sur-Ourcq est immédiatement organisée, avec ordre de tenir le village jusqu’au départ de deux groupes d’artillerie en position dans les ravins à l’Ouest et qui, par un barrage violent, cherchent à couvrir le mouvement de la division et à arrêter les progrès de l’ennemi.
Vers 22 heures, le détachement de Billy-sur-Ourcq gagne, par la ferme d’Edrille, l’éperon Ouest de Chouin, poursuivi par les patrouilles allemandes. Les quelques éléments qui restent encore du 93e prennent position sur les pentes Est du plateau pour en interdire l’accès aux Allemands. L’attaque se produit le 31, dès le lever du jour.
Les unités défendent le terrain pied à pied.
Mais Neuilly-Saint-Front est tombé et le régiment a l’ordre de se rallier à Troesnes.
Après une marche très pénible, par une chaleur excessive, malgré les patrouilles ennemies qui circulent à Marizy Sainte-Geneviève et Amerville, les deux compagnies de manoeuvre réussissent, par les deux rives de l’Ourcq à gagner le village qui leur a été fixé.
La défense de Troesnes va être organisée, lorsque l’ordre de relève est reçu vers 18 heures.
Le régiment va cantonner à Digny.
Le lendemain 1er Juin, après une étape assez dure, le régiment se rend à Bargny.
Pendant la grande halte, dans les bois d’Yvors, le Capitaine DELAFOSSE passe en revue les derniers survivants du 93e.
Ils sont une centaine de combattants.
C’est tout ce qui reste de ce glorieux régiment.
La Marseillaise est écoutée avec la plus grande émotion.
Les honneurs sont rendus au Drapeau.
On défile devant lui en lui présentant les armes ; puis le glorieux emblème prend place au milieu de la petite troupe, qui formera sa garde et l’accompagnera baïonnette au canon, jusqu’au cantonnement.
Le Général DAUVIN, commandant la 21e Division, termine ainsi son rapport sur les opérations des 27 au 31 Mai 1918 :
« Le 27 au soir, la 21e Division d’Infanterie avait perdu 6.500 officiers, sous-officiers et soldats, qui, fidèles à leurs consignes, avaient lutté sur place jusqu’au bout, sans se laisser intimider par l’immense supériorité numérique de l’ennemi, en hommes et en artillerie.
Le lendemain matin, on voyait cette belle division rassembler ses dernières forces et étonner ses chefs eux-mêmes, par l’énergie et le moral superbes avec lesquels elle faisait encore tête à l’ennemi pendant quatre jours, répandant sans hésiter, les dernières gouttes de son sang précieux pour le Salut de la Patrie et de la Victoire finale des Armées Françaises.
Le 1er Juin, les derniers survivants de ces journées épiques se sont mis en marche vers la région où,des cendres de l’ancienne, doit renaître une nouvelle division, fille de la première, prête s’il le faut, à mourir aussi pour la Patrie, mais destinée sans doute, à être couronnée des Lauriers de la Victoire.
Et c’est fièrement, sûrs d’avoir fait tout leur devoir, plus que leur devoir, qu’ils sont entrés au cantonnement, Drapeau déployé, musique en tête. »


Source : SHD, Historique anonyme. Cote A2g1953
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11 novembre 1918 (102)

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141e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 31 décembre 1916

142e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 31 juillet 1918

1er Bataillon de pionniers
11 Novembre 1918 – Même lieu de stationnement. Des ordres sont donnés par le Comdt du Btn pour que les hommes continuent le nettoyage et la mise en état de leurs armes et de leurs effets. A 10 heures la 11e D.I. communique le radio suivant :
« Les hostilités seront arrêtées sur tout le front à partir du 11 Novembre, onze heures (heure française) signé Maréchal Foch Comdt en Chef »
Le radio est porté à la connaissance des militaires du 1er B.P. 142e Tal par la voie du rapport du 11 9bre

143e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 4 août 1918

144e R.I.T.
Il n'existe pas de journal

145e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 31 décembre 1917

1er Bataillon de pionniers
11 Novembre – A 6 heures un message de la 40e D.I. ordonne de cesser le feu sur toute la ligne à 11 heures (heure française)
L’Etat-Major se porte de Le Chesne à Sanville

2e Bataillon de pionniers
11 Novembre 1918 – Le Baton travaille à la réparation et réfection des routes de Château-Porcien – Echy, Château-Porcien – Taisy, Taisy – Avançon


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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lundi 11 janvier 2010

Le 11e B.C.A. dans la bataille de la Somme

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La Somme
1916

Sur la rive droite, au nord de la rivière, à l'est de Curlu, le Bataillon reprend sa place, face au Boche, dans la nuit du 12 Juillet. Chacun travaille avec ardeur aux parallèles de départ pour l'offensive de grand style qui, bientôt, se déclanchera. Le 20 Juillet, au point du jour, l'heure est arrivée. Un brouillard très épais masque les objectifs : Grande Carrière et Bois de Hem.

Les Compagnies d’assaut, dans un ordre parfait, bondis­sent en avant. A quelques pas du but, l'ennemi se dévoile et brusquement ouvre un feu terrible. Les vagues tombent ainsi qu'à la parade en rangs alignés, chefs en tête. D'autres surgissent à leur place ; la grande Carrière est conquise.
Les sections continuent leur route.

Le Bois de Hem est là, tout près. Hélas ! comme ils sont peu nombreux ceux qui atteignent la lisière où, trop isolés, ils se terrent, espérant de nouveaux renforts... On se compte, on se cherche en vain. Le sol bouleversé par les gros obus est jonché d'uniformes bleus. Deux ou trois heures ont suffi pour faucher les deux tiers de ce beau Bataillon. Mais aussi quelle ample moisson de lauriers vient de cueillir le 11e pour notre France !... Un simple caporal, un enfant presque, Gouteaudier, nom glorieux qu'un dit avec respect, aidé par le Chasseur Guyot, tué quelques instant après, ramène 106 Allemands... Sur le champ de bataille même, il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur.

Deux jours après, ayant résisté victorieusement aux contre-attaques boches, les survivants sont relevés et ramenés vers les cantonnements de l'arrière. Il manque au Bataillon 500 de ses Héros ! 11 Officiers, parmi lesquels les Capitaines de Chambost et Bontemps, le Lieutenant de Lamothe et les Sous-Lieutenants Verdan, Wehrling, Charlemagne, Rousset, ont été tués dans la charge, 10 autres sont blessés ; tant d'autres qu'on devrait saluer, dont le nom se perd dans mille noms de Poilus magnifiques, de soldats si glorieusement anonymes.

Mais au repos, on se reforme ; le Président Poincaré, ancien Officier du 11e veut accrocher lui-même à la poi­trine des Héros les récompense méritées.

Dès le 12 Août, le 11e est prêt à remonter en ligne. On l'envoie attaquer au sud de Maurepas. Mais les Prussiens ont placé les meilleurs de leurs régiments. N'importe « on les aura » crient nos Poilus !... Ils les auront. Le 16, ils par­tent résolus, avancent à la hauteur des Bataillons voisins et font des prisonniers de la Garde Impériale. Citons un acte de bravoure parmi tant d'autre. Le Sergent Miramont part en patrouille, dans la nuit du l6 au 17 ; il tombe sur une patrouille ennemie forte de 10 hommes ; il en tue le chef et ramène quatre prisonniers. La nuit suivante, il repart de nouveau en disant : « je vais chercher les Fritz », il en ramène encore deux !

Pourtant, au cours de ces combats, les pertes sont cruelles. Le Capitaine Adjudant-Major Picard est tué en reconnais­sance, ainsi que le Capitaine Odde, accouru pour le remplacer, le Lieutenant de Malberg et les Sous-Lieutenants Gros et François, dont le nom d'emprunt dissimulait un Alsacien, 150 Chasseurs tombent aussi.

Après un repos bien gagné, dans un coin délicieux de l'Oise, nos Alpins, le 12 Septembre, ont l'ordre de s'en retourner face au Mont-Saint-Quentin qui domine et défend Péronne, tandis qu'à gauche à Bouchavesnes, a droite au coude de la Somme, des unités moins éprouvées attaquent sans relâ­che. On fait appel aux hautes qualités morales de nos Poilus. Pendant quarante jours, sous des bombardements d'une violence extrême, dans des tranchées que la plane affaisse et que l'on répare chaque nuit, ils tiennent malgré tout, en améliorant leurs positions et dominant leurs adversaires. Enfin, le 24 Octobre, alors qu'en traînée de poudre, se pro­page le bruit heureux d'une victoire sous Verdun, le Batail­lon est relevé ; mais il laisse, éternels gardiens du sol sacré qu'ils ont sauvé, deux Officiers : le Sous-Lieutenant Bardou, le Sous-Lieutenant Gassaud qui reçoit la Croix quelques instants avant sa mort.

En outre, 110 Sous-Officiers, Caporaux et Chasseurs ont été tués ou blessés au cours de cette longue et pénible pé­riode.

Le 11e est alors embarqué pour les Vosges. Le repos sous les noirs sapins ne convient pas longtemps à l'ardeur des Alpins. En Novembre, on remonte encore, aux ordres d'un nouveau Commandant, bien connu cependant, puisqu'il était lieutenant au début, dans ce même Corps qu'il dirige : le Chef de Bataillon Doyen.

En passant à Taintrux, où l'on cantonne un jour, on va s'incliner sur les tombas des Anciens qui dorment ici, au pied même de ce Kemberg qu'ils ont glorieusement gardé, puis, de nouveau, jusqu'à Janvier, à Combrimont, à 607, à Croix-le-Prêtre, entre les Cols de Saales et de Sainte Marie, on occupe un vaste secteur où l'ennemi surpris par le mordant de nos Braves se terre et se tient coi.


Source : Historique du 11e BCA, Imprimerie M. DORMANN, ETAMPES, 1920
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Le fort de la Pompelle coule sans avoir été torpillé

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Monument historique appartenant à la Ville, le fort de la Pompelle, haut lieu de 1914-1918, va mal. En cause : le désengagement du Département. Les bénévoles qui le gèrent en ont ras la casquette.

11 novembre 1918 (101)

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136e R.I.T.
Il n'existe pas de journal

137e R.I.T.
11 Novembre – Par ordre du Régiment n° 188 en date de ce jour, 138 soldats de 2e classe sont nommés à la 1re classe

138e R.I.T.
Il n'existe pas de journal

139e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 30 septembre 1918

140e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 10 février 1916

1er bataillon (isolé)
11 Novembre – Mêmes travaux que précédemment pour les 2 Cies


Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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dimanche 10 janvier 2010

Vimy

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Tranchées allemandes
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Le 106e R.I. aux Eparges (2)

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Deuxième attaque des Éparges
6 – 16 Avril 1915

Le 5 Avril, le 106 reçoit l'ordre de participer le lendemain à une attaque générale du VIème C.A. ayant pour objet de chasser les Allemands des HAUTS-DE-MEUSE. La 24ème Brigade, encadrée, doit attaquer la hauteur des EPARGES par régiments accolés. Le 106ème à droite.

Au régiment, c'est le 1er Bataillon, sous les ordres du Commandant BESTAGNE, qui a l'honneur de mener l'attaque.

Les mouvements de mise en place s'exécutent péniblement car, depuis le matin, une pluie continue a détrempé le sol et les boyaux et tranchées ne sont plus que ruisseaux de boue liquide dans laquelle on s'enfonce jusqu'aux genoux.

A 16 heures, fin de la préparation d'artillerie, toute la ligne d'attaque débouche avec le plus bel élan. Nos 2 compagnies de tête atteignent leurs objectifs, mais sont arrêtées par un barrage intense d'artillerie de gros calibre. Le 6 au matin, les Allemands lancent une violente contre-attaque. Surpris par la violence du choc, submergés par le nombre et paralysés dans leur défense, car les fusils et mitrailleuses encrassés par la boue ne fonctionnent plus, les hommes du 1er Bataillon doivent lâcher le terrain conquis.

Une nouvelle attaque lancée vers 16 heures après préparation d'artillerie nous le rend bientôt avec une quinzaine de prisonniers (le lieutenant-colonel BARJONET qui commande le régiment a été blessé à la jambe mais refuse de se laisser évacuer et conserve son commandement).

L'ennemi n'encaissa pas ce nouvel échec sans protester par des violents bombardements et des attaques rageuses pour nous arracher notre gain. Celles‑ci, lancées dans la journée du 7 et dans la nuit du 10, furent repoussées et après quelques fluctuations amenées par un repli momentané de quelques éléments, toutes les positions conquises furent maintenues.

Le drame des ÉPARGES était terminé. La belle conduite du 106 fut consacrée par les ordres du jour suivants :

ORDRE N° 137 DE LA Ière ARMÉE DU 7 MARS 1915

« Est cité à la Ière Armée, le 106ème Régiment d'infanterie.

A enlevé brillamment la pointe ouest d'une crête transformée par l'ennemi en véritable forteresse. Ayant dû l'évacuer à la suite d'un bombardement d'artillerie lourde des plus violents et ininterrompu pendant 19 heures, s'en est emparé de nouveau par une vigoureuse contre-attaque à la baïonnette, résistant ensuite victorieusement à une série de contre-attaques ennemies.

Signé : Général ROQUES ».

ORDRE DU CORPS D'ARMÉE N° 60

« Le 27 Février, dans une opération brillante, la 24ème Brigade a enlevé de haute lutte une partie importante de la position des EPARGES. L'ennemi avait accumulé sur cette hauteur escarpée, des travaux considérables.

Depuis 4 mois, avec une science avisée, le Capitaine du Génie GUNTHER dirigeait par la sape et par la mine les travaux de siège régulier qui devaient ouvrir la voie à notre infanterie.

Le jour de l'attaque, après une quadruple explosion de nos fourneaux de mines et une remarquable préparation par l'artillerie, le brave 106ème Régiment d'infanterie, dans un élan magnifique, escalada les pentes abruptes et couronna toute la partie ouest de la position.

Au même moment, le 132ème R.I. aborda crânement la partie ouest des EPARGES et s'y installa. Le 19 Février, l'attaque fut poursuivie sur tout le front.

Au cours de cette bataille de 4 jours, pendant lesquels l'ennemi nous disputa le terrain avec la dernière âpreté, nos troupes furent soumises à un bombardement formidable. Elles conservèrent néanmoins les positions conquises. Elles repoussèrent deux contre-attaques furieuses, firent éprouver des pertes sévères à l'ennemi, lui enlevèrent 700 mètres de tranchées, lui prirent 2 mitrailleuses, 2 minenwerfer et firent 175 prisonniers.

Le 106ème, le 132ème, le 67ème (Bataillon Haguenin), la compagnie du Génie qui prirent la tête dans la colonne d'assaut ont noblement soutenu le renom de la vaillance du 6ème Corps d'Armée et montré une fois de plus quel succès naît de la fraternité des armes et de l'union des cœurs.

Le Général, commandant le 6ème Corps d'Armée, adresse ses félicitations à ces braves troupes. Il salue pieusement la glorieuse mémoire de ceux qui sont morts pour le pays.

Il félicite les Colonels BARJONET, commandant le 106ème R.I. et BACQUET, commandant le 132ème R.I. qui ont magnifiquement conduit leurs régiments au feu.

Signé : Général HERR ».


Source extrait d’un fascicule relatant l’histoire du 106e R.I., anonyme, pas d’éditeur noté

11 novembre 1918 (100)

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131e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 4 août 1918

132e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 5 août 1918

1er Bataillon de pionniers
11 Novembre – Les 1re et 2e Cies font mouvement par voie de terre et vont cantonner à Sexy aux Forges (Meurthe et Moselle)

2e Bataillon de pionniers
11 Novembre – Un communiqué officiel, à 7 heures, annonce la signature d’un Armistice entre les Alliés et l’Allemagne dans la nuit du 10 au 11 novembre. Les hostilités cessent le 11 novembre, à 11 heures (heure française)

133e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 10 février 1918

134e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 31 octobre 1917

135e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 31 janvier 1918


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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samedi 9 janvier 2010

Oulchy le Château

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Butte Chalmont

Monument commémorant la seconde victoire de la Marne en 1918.
Sculpteur LANDOWSKI Paul

Les Fantômes

Accès : Sur la D229 entre Wallée et Beugneux
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Le 106e R.I. aux Eparges (1)

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Première attaque des Éparges
17 – 22 Février 1915

Le 17 Février, le 106 doit attaquer la crête des EPARGES au S.-E. du village, après préparation d'artillerie, et en profitant de l'explosion de fourneaux de mines qui ont été préparés par le Génie.

L'attaque sera faite par le 2ème Bataillon soutenu par le 3ème tandis que le 1er Bataillon reste en réserve à la garde de nos positions.

A 14 heures, les mines explosent, creusant d'énormes entonnoirs. Nos Compagnies d'assaut s'élancent sur la crête avec un entrain endiablé et s'emparent des premières tranchées ennemies, faisant une vingtaine de prisonniers. Mais là, elles sont arrêtées par les obus et les rafales de mitrailleuses. La nuit, assez calme, nous permet d'organiser la position conquise.

Mais le 18, dès le matin, nos unités avancées sont prises sous une pluie d'obus de gros calibre qui les harcèle pendant plus de 3 heures. Fortement éprouvées, ayant perdu presque tous leurs officiers et plus du tiers de leurs effectifs, elles ne peuvent supporter le choc de la contre-attaque allemande qui se déclenche à 8 heures et doivent se replier sur nos positions de départ.

Le jour même, à 15 heures, l'attaque est renouvelée par les 2 compagnies les moins éprouvées du 2ème Bataillon soutenues par le 3ème Bataillon et une compagnie du 132ème. Les tranchées boches sont reprises et cette fois, nous devions les garder définitivement. En vain, les obus criblent le terrain jour et nuit, en vain, l'ennemi lance de furieux assauts, 4 dans la journée du 19, un cinquième le 20, un sixième enfin le 21. Mais nos soldats se maintiennent stoïquement sur la position. Le 22, les 2ème et 3ème Bataillons, qui ont beaucoup souffert, vont prendre à REBRUPT un repos bien gagné. Ce succès a été chèrement acheté : 300 tués, dont 8 Officiers. 300 disparus et plus de 1000 blessés.


Source extrait d’un fascicule relatant l’histoire du 106e R.I., anonyme, pas d’éditeur noté
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11 novembre 1918 (99)

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126e R.I.T.
J.M.O. manquant

127e R.I.T.
Il n'existe pas de journal

128e R.I.T.
Il n'existe pas de journal

129e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 5 septembre 1917

130e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 22 février 1918


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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vendredi 8 janvier 2010

Le 94e R.I. en Argonne (2)

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ARGONNE 1915

Le 3 mars, trois fourneaux de mine sautent sous les positions de Blanloeil et Fontaine-aux-Charmes.
L'ennemi s'empare de deux cents mètres de tranchées. Avec des éléments du 162e, le 1er Bataillon (Darthos) chasse à la baïonnette les Allemands de la position. Le Sous -Lieutenant Migeon (Tué le 13 Juillet 1915), au signal donné, s'était précipité en tête d'une Compagnie sur les tranchées occupées par l'adversaire, l'en avait chassé, avait retourné immédiatement la tranchée contre les Allemands s'y maintenant pendant la contre attaque sous un lancement de bombes d'une violence rare, et ne battait en retraite que le dernier, facilitant la rentrée dans les lignes de quelques hommes encore valides.
Le Général Deville, commandant la 84e Brigade, en prenant quelques jours plus tard le commandement de la 42e Division, disait dans son ordre du jour que le Bataillon Dathos, du 94e, avait couronné le succès. Des prisonniers allemands confirmèrent que dans leurs rangs se trouvaient des équipes spéciales, devant faire fonctionner des pompes qui lançaient un liquide enflammé. Avec la mobilisation des produits chimiques, la flamme allait s'ajouter à la diabolique invention des gaz asphyxiants.
Stéphane, gravement blessé, fait preuve d'un stoïcisme et d'un courage superbe, encourageant ses camarades et disant à tous : « Ça ne fait rien, je suis toujours Stéphane ! » (Mort des suites de ses blessures).
Le 13 mars, le Régiment est à nouveau à Marie -Thérèse, le ravin du Mortier et Fontaine -Madame.
Le 7 avril, il est à Saint-Hubert ; le 13, au ravin des Meurissons, où il repousse, toujours avec la même abnégation, une attaque le 24 avril et une autre le 1er mai, contre-attaquant à deux reprises différentes.
Du 8 au 31 mai, les Allemands font des attaques renouvelées sur les tranchées de Bagatelle. Les mines explosent, de part et d'autre ; mais, grâce aux nombreux héros que fait naître chaque affaire, l'ennemi n'obtient aucun résultat appréciable. Nous citerons, à titre d'exemple, les plus beaux parmi ces hauts faits :
Le Sergent téléphoniste Toupin, blessé grièvement à la gorge et perdant abondamment son sang, ne veut pas se laisser emmener avant d'avoir donné au Chef de Corps toutes les indications pour la remise en état du réseau.
Le soldat Rousselet se précipite sur une bombe à ailettes qui vient de tomber au milieu de sa section et réussit au péril de sa vie à en arracher la mèche, sauvant ainsi ses camarades d'une destruction certaine.
Les soldats Vannier et Francesconi, pendant un combat de nuit, restent à leur poste toute la nuit quoique blessés et ne sont évacués que le lendemain, sur l’ordre formel de leur chef de section. Le Lieutenant Lavignon donne à ses hommes l'exemple du sang-froid et du mépris de la mort : commotionné par l'éclat d'un pétard, il ne songe pas un instant à quitter son poste d'honneur à l'endroit le plus exposé.
Le soldat Parizet, projeté en l'air par l'explosion d'une mine, reste deux heures sous le feu d'une mitrailleuse qui tire sur lui à chaque mouvement, se met enfin debout en criant : « Après tout, on ne meurt qu'une fois ! » et retombe dans les bras de ses camarades. Le soldat Morin, ayant le bras droit enlevé, s'écrie: « Je veux encore lancer un pétard ! » et ne part qu'après l'avoir lancé (Ont été citées en outre pendant cette période : Les Équipes de Bombardiers des 1re, 3e, 4e et 12e Compagnies)
Après cette pénible période, pour la première fois, le Régiment, qui vient de montrer toute sa valeur en face de situations parfois critiques, profite, du 11 au 15 juin, d'un vrai repos à Moiremont, les Hauts-Bâtis et la Croix-Gentin.
Le 16 juin, il remonte à Beaumanoir et arrête deux violentes attaques le 17 et le 20.
Le 30 juin, les Allemands déclenchent une violente offensive sur tout le front de l'Argonne, de Verdun à la Champagne. Après un bombardement violent par obus de tous calibres et obus toxiques ils sortent des tranchées vers 7 heures et prennent trois lignes successives à Bagatelle. L'attaque a été si subite que les Chasseurs, en soutien, sont surpris.
Le 94e, qui avait été relevé la veille, est alerté. II part de suite et contre-attaquant avec énergie, arrive à dégager les Chasseurs. La route de Sainte-Menehould était ouverte à l'ennemi, mais l'intervention du 2e Bataillon, sous les ordres du Commandant Boulet-Desbareau, contre-attaquant de flanc, rétablit la situation et permet de reprendre les troisième et deuxième lignes. Le Colonel Escalon, commandant la 83e Brigade, est tué à son poste de commandement.
Les 1er et 2 juillet, la lutte continue et des attaques permettent de reprendre certains éléments de tranchées, en dépit des plus sérieuses difficultés, grâce tout spécialement au dévouement des mitrailleurs : deux d'entre eux, les soldats Reverchon et Walinthout, inspirent à leurs camarades le calme nécessaire dans la circonstance. Entourés par l'ennemi, ils continuent à tirer sur les colonnes d'attaque, réussissent à dégager leurs pièces et à reprendre le tir sur une nouvelle position. Sommé de se rendre prisonnier par les Allemands qui lui crient : « Eh ! monsieur, camarade, prisonnier ! » ; Walinthout répond : « Ta gueule, eh! con ! » et continue à servir sa pièce. Un Caporal mitrailleur, Bégat, fait en ligne le ravitaillement en munitions et en eau ; les chevaux étant fourbus, il continue à assurer le transport à dos pendant toute la nuit.
Le 6 juillet, le Régiment est relevé et mis au repos à Florent. Il remonte en ligne le 13. A peine est-il arrivé qu'un bombardement violent commence.
Le 14, à 8 heures, les Allemands se lancent à l'assaut des lignes devant Marie -Thérèse et le ravin du Mortier, de part et d'autre de la route de Saint-Hubert. La première ligne est enlevée sur toute sa longueur et une fois de plus le Régiment contre-attaque et les Compagnies, dans des attaques partielles, essayent de reprendre le terrain perdu, mais n'y réussissent que sur certains points, grâce à la valeur et à l'initiative des Chefs.
Le Capitaine Lecaplain, atteint de trois blessures au début de la campagne et dans l'impossibilité de se servir de son bras, se fait remarquer par sa bravoure et l'habileté qu'il montre dans le commandement d'une Compagnie de mitrailleuses.
Le Lieutenant Ragot (Tué le 25 septembre 1915) et le Sous-Lieutenant Sancier conduisent brillamment les attaques de leurs Compagnies et réussissent à reprendre des tranchées occupées par l'ennemi, malgré des feux violents de mitrailleuses et des tirs intensifs de pétards et de bombes.
La 1re Compagnie est citée à l'ordre de l'Armée (Citation de la 1re Compagnie du 94e R.I :
« Le 13 juillet, chargée d'attaquer une partie de tranchée occupée par les Allemands, a enlevé cette tranchée après un combat des plus violents, malgré les pertes subies ; le Capitaine Tranchand a assuré la garde et la remise en état de la portion de tranchée conquise, maintenu la liaison avec les éléments voisins et conservé cette position pendant les journées des 14 et 15 juillet, sous un feu continu de bombes et de pétards »).
Le 17 juillet, le Régiment, relevé, est en réserve, au repos à Vieil-Dampierre et Bournonville.
Le 30, il est embarqué en chemin de fer et débarqué à Saint-Hilaire-au-Temple.


Source Historique du 94ème RI (Anonyme, A. Collot, 1920)
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Un boulanger retrouve la plaque commémorative à la déchèterie

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Le mémorial des victimes de la Première Guerre mondiale avait été volé et balancé aux ordures. Restituée à la mairie d'Auchy-au-Bois, la plaque décorera la nouvelle mairie…

11 novembre 1918 (98)

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121e R.I.T.

2e Bataillon
11 Novembre 1918 – Le détachement de la 5e Cie désigné ci-dessus, rentre à Ksari ce jour

122e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 15 août 1918

1er Bataillon de pionniers
11 Novembre 1918 – Le Btn quitte à 7 h le hameau de Leiheok, pour aller cantonner à Asper, ou il arrive à 10 h 30.
Le T.R. quitte Leiheok et va cantonner sur la route de Deynze à Lozer, entre ces deux localités, à environ 4 km de Deynze
Les hommes de la classe 1893 quittent le Btn :
1 sergent et 12 hommes passent à la Cie de Garde du Q.G. de la VIe Armée
1 Adjudant, 1 Caporal-Fourrier au 5e Btn du 8e R.I.T.
18 soldats au 4e Btn d’Etapes du 29e R.I.T.

2e Bataillon de pionniers
11 Novembre 1918 – Les 5e et 6e Cies se rendent à Tournes

123e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 4 mars 1918

124e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 31 août 1915

125e R.I.T.
Le journal des marches du régiment n'existe pas


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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jeudi 7 janvier 2010

Dornach

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Gravure sur bois de Schmaebtens


Source : La guerre racontée par les Généraux
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Le 94e R.I. en Argonne (1)

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ARGONNE 1915

Le 2 janvier, après avoir incorporé deux nouveaux renforts de 315 hommes et 200 hommes, le Régiment est embarqué à Hazebrouck et débarqué à Ailly-sur-Noye (Somme).
Le 3, il cantonne à Berny-sur-Noye et Jumel, d’où il est emmené par voie ferrée le 12, pour arriver à Givry-en-Argonne et Le Chatelier le 13, à Florent le 17. Un renfort de 340 hommes est arrivé le 16, portant à 2.300 le nombre d’hommes envoyés par le dépôt pendant les quatre derniers mois (Il ne nous sera plus possible de donner les chiffres des nombreux renforts. A partir du mois de mai, d’ailleurs, ils passeront tous par le dépôt Divisionnaire)
Le Régiment va affronter une nouvelle zone où de nouveaux moyens sont employés. Ce n’est plus la lutte en rase campagne de la Marne, ni les Corps à Corps de Belgique.
Dans la forêt et les ravins de l’Argonne, au bois de la Gruerie, le combat va se mener sur terre et sous terre, rempli de ruses et d’embuscades, avec une fureur qui ne ralentira pas pendant six mois et dont les trop nombreuses tombes des cimetières de Vienne-le-Château, La Harazée, Florent et Sainte-Menehould laisseront un souvenir indestructible. Jusqu’en juillet, les Allemands tenteront de nous rejeter dans le ravin de la Biesme pour gagner le plateau de la Placardelle et dévaler sur Sainte-Menehould. « Mais ils ne passeront pas! La 42e Division est là ! »
Les tranchées se trouvent à quelques mètres les unes des autres ; des boyaux communs sont souvent barrés seulement par des traverses de sacs à terre, Les pétards et les grenades font leur apparition, ainsi que les premiers engins de tranchée (mortiers Célerier, Aasen et autres crapouillauds) Les nerfs des combattants sont mis à une dure épreuve : il faut tenir sur un sol miné, rechercher et détruire les approches souterraines de l'ennemi.
En secteur le 21 à Marie -Thérèse, le 3e Bataillon est attaqué dès le 22. Au moment même de sa montée en secteur, vers 10 heures, le 2e Bataillon (Commandant Boulet-Desbareau) apprend que l'ouvrage Marie- Thérèse vient d'être pris par les Allemands, ainsi que la tranchée de protection, à la suite de l'envoi de bombes et de grenades à main sur la 11e Compagnie. Aussitôt le Bataillon part en contre-attaque en colonne double, à la baïonnette, clairons sonnant, le Commandant en tête, sous un feu intense, et chasse l'ennemi des tranchées de seconde ligne qu'il venait d'occuper.
L'opération avait été conduite avec un brio extraordinaire et une bravoure remarquable. Le Lieutenant Duchêne s'était particulièrement fait remarquer par son courage héroïque : Citation du Lieutenant Duchêne, qui devait plus tard, dans un autre Régiment, tomber héroïquement :

« Au combat du 22 Janvier, a brillamment entraîné sa Compagnie à l'attaque d'une tranchée occupée par l'ennemi. Quoique blessé dès le début d'une ba1le à l'épaule, s'est élancé le premier à la sonnerie de la charge et est parvenu avec quelques hommes seulement sur la tranchée ennemie ; y a été blessé une deuxième fois par une grenade jetée à bout portant et ne s'est laisser emmener que sur l'ordre formel du Chef de Bataillon »

Tout l'après-midi, la lutte demeura violente et la fusillade nourrie. La nuit fut employée à renforcer la ligne et à organiser les communications.
Le 23, trois nouvelles attaques sont repoussées, en dépit de leur violence, par le feu de la première ligne.
Le 24, les 2e et 3e Bataillons sont relevés et vont au repos à Florent.
Le 25, le 1er Bataillon, conduit par le Capitaine Grégy réussit, à la nuit, à combler les sapes allemandes devant son saillant et à bouleverser les tranchées adverses, d'où il rapporte de nombreux trophées. Il est, à son tour, relevé le 27 au soir. (Le Capitaine Grégy, au front depuis le début, blessé déjà deux fois, aussi brave soldat que chef admiré de tous, est fait Chevalier de la Légion d'Honneur.
En 1918, il fut fait Officier de la Légion d'Honneur étant Commandant du 2e Bataillon de tirailleurs marocains.
Le 29, les 2e et 3e Bataillons sont appelés au secours de la 40e Division. A 17 heures, le 2e Bataillon part à la contre-attaque, 5e et 6e Compagnies en tête, arrive, la nuit, à travers bois, dans un terrain inconnu et sous un feu violent, à quelques mètres des tranchées allemandes et ce n'est que le lendemain matin qu'il se retire par ordre, après avoir passé la nuit sans abris ni tranchées d'aucune sorte, ayant perdu 47 tués et 65 blessés.
C'est ensuite la promenade dans tous les coins du secteur, à Fontaine-Madame, au Four-de-Paris, à Blanloeil, avec, pendant les repos, des journées d'alerte passées à la Croix-Gentin.
Le 10 février, le 3e Bataillon est en ligne à Marie-Thérèse. Vers 6 heures, trois mines sautent sous les 10e et 11e Compagnies. C'est le signal de départ de l'attaque, menée par une Brigade en colonnes d'assaut. Les 10e et 11e, débordées, résistent sur place ; mais tous les défenseurs sont tués ou pris.
Aux deux ailes, les 9e et 12e résistent. A la 12e, le Lieutenant Philippon contre-attaque et parvient à reprendre 60 mètres de tranchées. Le soir, le Commandant Ducloux contre-attaque avec le 1er Bataillon et arrive à rétablir la situation, à dix mètres des tranchées allemandes.
Au cours de cette attaque, les Allemands avaient mis hors de combat au 3e Bataillon 350 hommes et 5 Officiers. Non contents d'avoir, en pays envahi, massacré des innocents, ils avaient employé des cartouches à balles retournées pour rendre les blessures plus graves.


Source Historique du 94ème RI (Anonyme, A. Collot, 1920)
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11 novembre 1918 (97)

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116e R.I.T.
J.M.O. manquant

117e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 15 août 1918

2e Bataillon de pionniers
Du 6 au 12 Novbre inclus – Même situation

118e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 19 décembre 1917

2e Bataillon de pionniers
11 Novembre 1918 – 1536e jour – Situation sans changement
L’Armistice est signé à 5 h entre les Alliés et l’Allemagne. Les hostilités sont suspendues à 11 h.

119e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 16 février 1916

3e Bataillon
7 – 12 – R.A.S.

120e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 6 mars 1918


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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mercredi 6 janvier 2010

Cap Blanc-Nez

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En témoignage de la glorieuse coopération et de la
franche camaraderie des marines française et britannique
pendant la Grande Guerre
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Le 3e B.C.P. en Champagne (2)

CINQUIÈME BATAILLE DE CHAMPAGNE

L’OFFENSIVE

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Du 25 septembre au 6 octobre, 3e et 10e bataillons, jumelés dans la riposte comme ils l’avaient été dans la défense, vont être engagés dans les combats offensifs à l’est de Sommepy.

La victoire française progresse du sud au nord. L’obstacle où les Allemands prétendent l’arrêter est constitué par un triple système de tranchées au nord-est de Sommepy : La tranchée des Prussiens est avant-ligne de surveillance ; les tranchées von Fleck et d’Essen sont en contre-pente (1).

(1) Rapport officiel du chef de bataillon commandant le 3 B.C.P.

Le 28, le 409e d’infanterie enlève la première et partie de la seconde. Mais le reste est garni de réseaux « puissants et intacts » ; l’ennemi y est en force ; beaucoup de mitrailleuses, un canon anti-tank tirant de plein fouet, suspendent toute progression. De nouveaux efforts tentés le 29 ne donnent aucun résultat. Dans la nuit du 30 au 1er, une attaque par surprise est encore arrêtée aux abords d’un blockhaus bétonné, fortement organisé.

Le commandement décide de faire tomber toute la position en la débordant par l’est, puis par le nord.

Le 1er octobre, à 15 heures, tandis que des éléments du bataillon progressent en vagues d’assaut sur les derrières de la tranchée d’Essen, la 4e compagnie, précédée du peloton de la 5e que commande le sous-lieutenant Thiébaut, donne de haute lutte dans l’ouvrage lui même :

…L’attaque se déclenche. De nombreuses mitrailleuses se mettent à cracher. Thiébaud fait tomber par encerclement le fameux blockhaus --- d’où il tire 40 prisonniers et 4 ou 5 mitrailleuses, --- puis un second nid. Il a fort à faire pour réduire un troisième nid qui contient dix mitrailleuses. Il y arrive au moment où deux contre-attaques boches venant de l’ouest, débouchent par boyau et en rampant le long des rejets de terre. Il en repousse une au F.M. et à la grenade. L’autre menace de réussir. Thiébaud manque à ce moment de grenades. Sortant du boyau avec vingt chasseurs, il se précipite à la baïonnette, tandis que le sergent Lejeune, de la 4e compagnie, et quelques chasseurs foncent à la baïonnette dans le flanc ennemi, l’attaquent dans son boyau de haut en bas à la baïonnette. L’action est si soudaine que l’ennemi fait « camarade ». Malheureusement Lejeune tombe frappé d’une balle à la tête (1)…

(1) Rapport officiel du chef de bataillon commandant le 3 B.C.P.

La prise d’Essen attache une nouvelle palme à la croix de guerre de notre fanion :

Le 3e bataillon de chasseurs : fidèle aux vieilles traditions de vaillance et de mordant qu’il n’a jamais cessé de faire revivre depuis le début de la campagne, s’est particulièrement distingué le 1er octobre 1918, sous le commandement de son chef, le commandant Quillard, devant Sommepy, en attaquant avec un allant et une audace au-dessus de toute éloge la position formidable de la tranchée d’Essen qui arrêtait depuis plusieurs jours la progression de l’attaque dans le secteur ; s’est emparé de 300 prisonniers, 14 officiers dont un état-major de bataillon, 4 canons de 77, 1 canon de 105, 1 mortier de 240 et 75 mitrailleuses.

(Ordre général n° 1445 de la Ive armée, du 10 novembre 1918.)

Cette citation était pour le 3e la garantie de la fourragère aux couleurs de la croix de guerre. Mais cette fourragère ne lui fut pas remise officiellement avant qu’il ne lui eût acquis un surcroît de gloire.

Le 21 octobre, le bataillon est à Béthancourt et Nizy-le-Comte, cherchant le contact avec l’ennemi en fuite.

La volonté de débusquer le Boche est dans tous les cœurs. Jamais émulation entre combattants ne fut plus grande : armée Debeney dans Saint-Quentin (1er octobre) ; Canadiens dans Cambrai (9 octobre) ; armée Mangin dans Laon (13 octobre) ; Belges dans Roulers, Menin et Ostende (15 octobre) ; Anglais dans Lille et Douai (17 octobre) !

Du 21 au 28 octobre, le 3e bataillon, maintenant rattaché avec le 21e corps à la Ve armée, a l’honneur si envié d’être en toute première ligne de l’attaque générale qui libère définitivement la France.

Cette bataille de huit jours, le commandant Quillard la dirige d’élan en élan, le bras récemment fracturé et emprisonné dans un lourd appareil plâtré. L’enthousiasme de tout son bataillon lui répond.

Le 25 octobre, impétueux, insoucieux des mitrailleuses qui les déciment, des gaz dont on veut les empoisonner, nos chasseurs enlèvent de haute lutte la route Saint-Quentin --- Barrogue, position avancée de cette Hunding-Stellung dont l’État-major allemand avait prescrit la « défense à tout prix ».

Jusqu’au 27, sous un bombardement resté violent (13 tués, 46 blessés), ils organisent leur conquête.

Une troisième citation à l’armée clôt ainsi la carrière de guerre du bataillon :

Le 3e bataillon de chasseurs à pied : à peine remis des fatigues de la vigoureuse offensive menée par lui au nord de Sommepy, a brillamment rempli sa mission au nord-est de Béthancourt, du 21 au 28 octobre 1918, gagnant près de 3 kilomètres en profondeur sur un terrain rasé par des feux de mitrailleuses et barré de plusieurs réseaux de fils de fer intacts. S’est emparé de canons de 77, de plusieurs mitrailleuses, d’un certain nombre de prisonniers, mettant en fuite la plupart des mitrailleurs qui assuraient avec acharnement la défense d’un terrain particulièrement difficile.

(Ordre général n° 428 de la Ve armée, du 28 novembre 1918.)


Historique anonyme du 3e BCP IMPRIMERIE BERGER-LEVRAULT, NANCY-PARIS-STRABOURG
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11 novembre 1918 (96)

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111e R.I.T.
11 Novembre 1918 – Départ du complément des militaires de la classe 93 versés dans des unités d’étapes :
Soit :
Au 139e R.I.T. à Saint-Dizier : 2 adjudts, 26 sergents, 44 caporaux, 411 soldats
Au 1er R.I.T. à Gondrecourt : 1 adjudant, 1 sergent-major, 2 sergents
Au 50e R.I.T. à Bar le Duc : 1 adjudant, 1 sergent-major, 7 sergents, 2 caporaux, 40 soldats
Au 85e R.I.T. à Toul : 1 sergent-fourrier, 3 sergents, 30 caporaux, 45 soldats
Au 61e R.I.T. à Toul : 1 sergent-fourrier, 3 sergents, 3 caporaux, 44 soldats
Tous ces détachements rassemblés à Landrecourt, ont été mis en route par voie ferrée Réception du radio annonçant la signature de l’Armistice avec l’Allemagne

112e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 11 août 1918

1er Bataillon de pionniers
11 Novembre 1918 – Les trois Cies sont occupées à mettre en état la route Chatillon – Romagny On apprend que la cessation des hostilités a lieu à 11 heures par suite de la signature de l’Armistice
Départ de Vandières pour aller cantonner à Pierry (2 km Sud d’Epernay) Départ à 6 heures arrivée à 15 heures

2e Bataillon de pionniers
Le 11 Novembre – Même cantonnement, même travail que ci-dessus. En outre les 5e et 6e Cies fournissant, de 4 h 30 à 17 h, chacune une corvée de 1 sergent et 15 hommes pour la construction d’un pont de pilotis sur la Meuse, près de l’hospice de Mézières.
A 11 heures : suspension des hostilités

113e R.I.T.

5e Bataillon
Du 4 au 13 novembre 1918, il n’y a rien de noté

114e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 11 février 1916

3e Bataillon
Le 11novembre 1918, il n’y a rien de noté

115e R.I.T.
Le JMO en ligne s’arrête à la date du 26 février 1918


orthographe des JMO respectée

Source JMO : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?article59
Source pour les principaux combats : La guerre (vécue – Racontée – Illustrée) racontée par les combattants, Aristide Quillet Editeur
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mardi 5 janvier 2010

L’armée anglaise

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Gravure sur bois de Malcouronne


Source : La guerre racontée par les Généraux
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