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NOUVELLE MISE A JOUR LE 15 avril 2014

lundi 21 décembre 2009

21 décembre 1915 à l’Hartmannswillerkopf

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Blockhaus au sommet

Les différentes unités quittent leurs camps entre 5 heures et 6 heures. Elles sont placées à l’heure prescrite. L’ordre d’opération de la 66e D.I. N° 48 % du 20 Décbre 1915 envisageait une offensive de la 81e Brigade et de la 6e Brigade de chasseurs.

La 81e Brigade partant du front compris entre la route forestière de Bonnegoutte et le Faux Sihl devait attaquer à la fois par les pentes Nord de l’Hartmannswillerkopf et l’arête de Ziegbrucken (cuisse gauche) par l’arête Rocher Hellé Rocher Wilkle (cuisse droite) et par la croupe du Réhfelsen. La 6e Brigade de chasseurs devait attaquer au Sud de la 81e Brigade.

L’action de la 81e Brigade comprenait 3 attaques :
a/ attaque de droite, 15e Btn de Chasseurs et 2 Compagnies du 23e d’Infanterie
b/ attaque centre (Hartmannswillerkopf) 152e
c/ attaque de gauche 5e Btn de Chasseurs

L’attaque du centre, sous les ordre du Lt Colonel Semaire Cdt le 152e Regt d’Infie comprenait outre le 152e 1 peloton de la Cie 16/13 du génie, la 1re Cie de Mitrailleuses de la 81e Brigade, 2 Cies du 63e Btn de chasseurs et le groupe de pionniers et mitrailleurs de ce Btn (comme travailleurs)
Cette attaque débouchant de ses parallèles de l’Hartmannswillerkopf prenait pour objectif les organisations ennemies de la crête – Rocher Wilkle (cuisse droite) celles de la crête Ziegbrucken (cuisse gauche) et les positions intermédiaires. Elle devait se relier à droite à l’attaque du 15e Bataillon, dont la gauche était constituée par 2 Cies du 23e Régiment d’Infie. Cette liaison devait s’opérer suivant une ligne située à peu près à mi-distance entre le ravin et la crête Rocher Wilkle Cote 742.

L’attaque du 152e devait se relier à gauche avec celle du 5e Btn de chasseurs.
L’objectif à atteindre était marqué sensiblement à 500 mètres en avant de la position de départ et sur les pentes, Nord, Est, Sud Est de l’Hartmannswillerkopf, pentes très escarpées, par le chemin muletier passant par la cote 742 et la lettre Z de Ziegbrucken (cuisse gauche).
On ne devait pas chercher à dépasser cette ligne, mais s’y établir simplement en vue de porter sur un terrain boisé, au-delà de l’Hartmannswillerkopf l’organisation défensive française.

Partant d’un front de Départ de 300m environ, l’attaque débordait en éventail, et devait aboutir finalement à un développement total de 1800m sur un terrain escarpé et difficile. L’effectif au départ n’était que de 150 fusils par Cie. Il était à prévoir que la presque totalité de l’effectif du Régiment serait appelée à s’engager pour assurer, dans les conditions les moins défavorables, l’occupation et l’organisation de la ligne, très étendue, assignée au Régiment. En exécution de l’ordre de la Division, le Lt Colonel Cdt le 152e donna le 20 décembre l’ordre d’attaque ci-joint.

Les dispositions de cet ordre étaient d’ailleurs arrêtées depuis plusieurs jours, à la suite d’instructions verbales du Général Commandant la 66e Don et le Général Commandant la 81e Brigade et en raison des nombreuses mesures de préparation nécessitées pour une opération de cette nature.
D’une façon générale, le 152e audacieusement massé à proximité immédiate du sommet de la montagne, dans des tranchées couvertes était près à bondir avec ses 3 Btns sur les organisations allemandes en se déployant en éventail. Les 2 Btns de 1re ligne, jointifs au départ, s’écartaient dès qu’ils avaient atteint l’organisation allemande ; le 1er Bataillon (Cdt Guey) à droite, prenant pour objectif la cote 742 et comme direction la crête de l’éperon Sud, le 2e Btn (Cdt Mas) suivant l’éperon Nord, le 3e Bataillon (Cdt Bron) s’intercalant entre les 2 premiers et se déployant à mesure de leur avance pour former avec eux une ligne continue.
L’ordre d’opération du 152e donne à cet égard les indications nécessaires.
La carte ci-jointe au 1/5000 indique la situation d’arrivé, le 21 Décembre au soir, lorsque l’objectif fut atteint.

Après un violent bombardement de notre artillerie, qui dura 5 heures et détruisit en grande partie les organisations allemandes de première ligne, l’attaque se déclancha à 14 heures 15. Notre artillerie allongeant à ce moment son tir, sans en modifier la cadence.
Pendant 5 longues heures passées dans les tranchées de départ, par un temps très froid et très brumeux, les hommes se départirent pas de leur attitude enthousiaste et joyeuse ; leur moral était surexcité et l’élan de l’attaque fut vraiment magnifique.
Chacun des bataillons d’aile, 1er et 2e Btns déploya au début trois Compagnies gardant en réserve une Cie derrière sa droite.
Le Btn du centre, 3e Btn, fit partir ses 2 Cies de tête, presque aussitôt après le départ des 2 premiers Btns, ces deux Cies se déployant dans l’intervalle que créait la progression divergente des deux autres Btns. Le Lieutenant Colonel, dont le poste de commandement était d’abord au poste Moyret, conservait 2 Cies en réserve de Regt. Ces 2 Cies occupaient les tranchées de départ à proximité de notre première ligne du sommet.
Certaines Cies éprouvaient dès leur débouché, des difficultés très sérieuses, en raison des tirs de l’artillerie ennemie et des mitrailleuses de l’adversaire. Pour appuyer la progression, du 3e Btn dans l’intervalle des 2 éperons le Chef de Corps mit bientôt à la disposition du Chef de Btn une de ses Cies de réserve. Il ne disposait donc plus, jusqu’à la fin de l’opération, que d’une seule Compagnie.
Les unités franchissent les lignes allemandes, bondissent jusqu’à la région boisée, et après des combats très violents, sous un feu d’artillerie intense, atteignent en fin de journée, à peu près exactement, l’objectif assigné, le sentier muletier passant par la courbe 740 (carte au 1/5000)

Le Chef de Corps reste en liaison à peu près constante avec ses trois Chefs de Bataillon mais cette liaison s’opère surtout par coureurs, les lignes téléphoniques construites au fur et à mesure de la progression en avant, étant interrompues fréquemment par les projectiles de l’adversaire.

Le 152e se comporte vaillamment, et emporte de haute lutte, avec un moral et un élan merveilleux, l’objectif qui lui est assigné. Plus de 700 prisonniers, dont 3 Officiers, sont renvoyés à l’arrière. C’était une victoire achetée au prix d’actes nombreux d’héroïsme et aussi de pertes sérieuses.

22 Officiers étaient tombés, dont 6 ou 7 tués. Quant à la troupe les comptes rendus approximatifs de pertes adressés par les Chefs de Btn, accusaient : au 1er Btn, 101 hommes hors de combat au 3e Btn 150, l’état des pertes au 2e Bataillon ne parvint pas au Chef de Corps. L’effectif des Cies se trouvait sérieusement réduit pour les travaux considérables à exécuter dans la nuit du 21 au 22 et les combats à soutenir le 22. D’après les comptes-rendus téléphoniques des Chefs de Btn, la liaison entre les unités voisines était partout assurée. Elle était un peu précaire à droite entre le 1er Btn et les Cies du 23e qui n’étaient pas arrivées à la même hauteur. Le Chef de Corps ne crut pas cependant pouvoir se démunir, dès le 21 au soir de la seule Cie qui lui restât en réserve.

La journée du 21 Décembre était pour le 152e un succès très brillant, et l’effort fourni trouvait sa récompense dans le résultat obtenu, qui était exactement celui demandé par le Commandement, et dans les félicitations adressées au Chef de Corps par le Général Cdt la 66e D.I. Le 21 Décembre soir, le Lt Colonel du 152e transportait son poste de Commandement à la Roche du Sommet.




Photo et carte : Collection personnelle
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